la mémoire du théâtre
Association de la Régie Théâtrale
   
 

Laurent Terzieff
(photo Bernard Richebé)

Laurent Terzieff n’est plus. Cette voix si profonde ne résonnera plus. Seuls les enregistrements nous en restitueront les échos.
C’était un être d’exception, une figure emblématique, véritable honneur de toute une profession qui savait, à l’occasion, le lui manifester. Ce fut le cas lors de la dernière cérémonie des Molières.
Il était un ami fidèle de notre association. Alors qu’il n’avait que 17 ans, Serge Bouillon avait partagé ses débuts sur les grandes scènes parisiennes ( Hébertot, Vieux-Colombier… ), une amitié de près de 60 ans.
Il avait reçu le Prix du Brigadier en 1986 et prononcé, en guise de remerciement, un véritable morceau d’anthologie sur le théâtre anglo-saxon contemporain auquel il s’était beaucoup consacré.

Jamais nostalgique, toujours tourné vers l’avenir, ennemi des clivages public, privé, éternel défenseur du théâtre vivant, il lui avait voué toute son énergie.
De plus en plus diaphane au fil du temps, le corps semblait s’effacer, tandis que l’âme demeurait vibrante, la voix magnifique, le regard encore plus bleu, le sourire plein d’une douceur bienveillante.

Etait-il le plus grand ? Etait-il le meilleur ? Il était simplement, tel qu’en lui-même : Laurent Terzieff.

Aujourd’hui, nous le pleurons avec sa famille et avec ses amis, non sans avoir une pensée émue pour Pascale de Boysson qui partagea chaque heure de sa vie pendant tant d’années.


Discours de Laurent Terzieff
Prononcé lors de la remise du
Prix du Brigadier 1986
A l’Hôtel de Ville de Paris
En présence de Madame Bernadette Chirac

"Madame de Panafieu, Mesdames, Messieurs, chers amis,

C’est très sincèrement que, du fond du cœur, je vous remercie de l’honneur que vous me faites, en m’accueillant ici, en qualité de lauréat du Prix du Brigadier.
Cette distinction me touche d’autant plus que les critères de son attribution reflètent le Théâtre dans sa diversité et dans ses différences.

En effet, le Théâtre n’est pas ceci OU cela, il est ceci ET cela.

Dans un monde globalement expliqué, de même qu’il y a mille possibles en nous, il y a mille façons de faire du Théâtre et, au delà des tendances qui se contredisent, s’affrontent, se nient même parfois, une complémentarité subsiste à travers ses différentes formes. Il est certain qu’un théâtre majoritaire serait moribond sans un théâtre minoritaire.

A mes débuts de comédien, j’ai été confronté aux deux grands courants qui irriguaient la dramaturgie moderne de l’après guerre : la critique politique et sociale avec Brecht, la dérision, la cruauté et l’absurde notamment avec Beckett, Adamov première manière et Ionesco.
Cette dualité du Théâtre était pour moi « Le Théâtre ». Je l’ai découvert, abordé et pratiqué grâce à Jean-Marie Serreau, à Marcel Cuvelier, à Michel Vitold et à Roger Blin. A Roger Blin, surtout.
Plus tard, cette dualité s’est faite plus contraignante en moi, plus troublante. Vilar en son temps avait dit, il l’avait même écrit : « Entre Claudel et Adamov, je choisis Adamov. ». Il n’avait, en fait, pas tellement choisi puisqu’il qu’il a fini par monter du Claudel, merveilleusement d’ailleurs.
Moi, je n’avait rien choisi du tout, et j’en devenais schizophrène…j’ai déjà suffisamment de tendances de ce côté-là !

Par la suite, quand j’ai abordé la mise en scène, ayant peu de goût pour le travail référentiel – entendez par là, le travail autour des classiques – Pascale de Boysson et moi, nous avons essayé de trouver des auteurs contemporains qui tiennent compte de ces deux aspects fondamentaux de l’existence : le monde intérieur et le monde extérieur.

L’homme public, tributaire du monde, jeté dans le monde avec ses difficultés, son travail, et l’homme tributaire de lui même, qui se regarde et s’interroge : l’homme privé ; le rêve et la réalité, le conscient et l’inconscient, un Théâtre simple et ambigu, qui soit le reflet de la vie des hommes, comme un miroir qui nous renverrait notre propre visage, le visage de notre temps ou les implications sociales et politiques des personnages soient prises en compte, mais aussi leurs aspirations, leurs rêves, leurs angoisses, leurs souffrances et, bien entendu, la dérision de leurs souffrances et l’humour de leur désespoir. Des auteurs qui ne cherchent pas à réconcilier à tout prix Brecht et Beckett - lesquels d’ailleurs ne le souhaitent pas, je crois - ni à marier Marx et Freud, par je ne sais quel syncrétisme artificiel, mais qui tiennent simplement compte de ce qui a été fait avant eux et qui nous offrent leur vision du monde, ni dogmatique ni complaisante.

Des auteurs de cette dimension sont la tête chercheuse de notre inconscient collectif . Je leur doit tout, et je serai toujours leur débiteur.
Ils s’appellent : Slawomir Mrozek, Murray Shisgall, Edward Albee, James Saunders, Arnold Wesker, Brian Friel, Carlos Semprun Maura, Claude Mauriac.
Ces auteurs, il m’a fallu les chercher et quelquefois les chercher loin, très loin, trop loin… Cela je le regrette. Mais je ne regrette pas d’avoir suivi leur production, et, d’une certaine façon, d’avoir participé à leur évolution

Je tiens à dire que ce prix, décerné par les techniciens du Théâtre me touche particulièrement , parce que très souvent, sans faire de démagogie, dans les moments difficiles du montage d’une pièce, l’estime et la fraternité des techniciens du plateau ont été le viatique qui m’a donné la force de continuer mon travail

Je pense notamment à Serge Bouillon*, J’étais jeune comédien et il a su me faire découvrir dans sa plénitude, le beau métier qu’il exerçait, alors qu’il dirigeait le plateau du Théâtre Hébertot.

J’ai également un aveu à vous faire. Oui, je sais que ça se dit beaucoup, mais pour moi malheureusement c’est vrai. Plus j’avance dans ce métier, et donc dans la vie, plus j’ai l’impression de ne rien savoir. Surtout quand j’aborde un nouveau travail, je me sens vraiment le dernier de la classe et d’une classe de rattrapage encore. Si bien que vous faites une œuvre humanitaire en me remettant ce prix. Grâce à vous, ou plutôt, par votre faute, je me sens là, maintenant, sous ces lambris, un ego qui aura du mal à repasser cette pourtant grande porte ! Enfin rassurez vous, ca ne durera pas, ca ne durera pas !
Il y aussi une autre chose qui me touche particulièrement dans ce prix, c’est le prix lui même. Cet instrument emblématique du Théâtre, le Prix du Prix, si je puis dire. Le brigadier, rappelez vous, autrefois, il y avait un rideau qui, quand il se levait, nous découvrait l’espace scénique.
C’était lui, le brigadier, qui lui ordonnait de se lever mais surtout, surtout, il faisait une chose extraordinaire, ce Brigadier  : Il arrêtait le temps ! « Ca commence, quelque chose va arriver ! ». Il commandait au temps de devenir un autre temps, le temps de l’imaginaire, le temps du rêve, celui du Théâtre, le temps qui valorise nos sentiments personnels, quelquefois même qui les révèle, qui élargit notre conscience de la vie de tous les jours. Il était le magicien du temps.

Alors, de même qu’il n’y a pas d’amour mais des preuves d’amour, je m’engage devant vous à lui rendre sa fonction réelle, concrète, pour un soir en tout cas, le 17 mars, le soir de la première de notre prochain spectacle au Théâtre 13. C’est moi-même qui officierai, comme je l’ai fait tout à l ‘heure, en frappant le précipité et les trois coups."

*Serge Bouillon : Président d’honneur de l’Association de la Régie Théâtrale et du Prix du Brigadier, à ce moment Directeur du Centre de Formation Professionnelle des Techniciens du Spectacle de Bagnolet et Directeur administratif et financier du TEP de Guy Rétoré.

Françoise de Panafieu et Laurent Terzieff
Françoise de Panafieu et Laurent Terzieff
Prix du Brigadier 1986

photo DR

   
 

Prix du Brigadier

Remise du Prix du Brigadier à l'Hôtel de ville le 23 avril 2010

C’est à l’Hôtel de Ville de Paris, dans le salon Bertrand, que fut célébré sous la présidence de Bertrand Delanoë, auquel se substitua bientôt Christophe Girard adjoint au Maire chargé de la culture, le cinquantenaire du Prix du Brigadier. Parmi un auditoire très professionnel, rassemblant les membres du jury, les représentants du Théâtre Privé, Marie-France Mignal, Présidente de l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé et Directrice du Théâtre Saint-Georges, Myriam de Colombi, Directrice du Théâtre Montparnasse, Daniel Darès, Directeur du Théâtre Antoine, Francis Nani du Plais Royal, Bruno Finck des Bouffes Parisiens, Denise et Maurice Moreau Chantegris du Théâtre des Nouveautés, Nicolas Laugero de l’Espace Pierre Cardin, Jean-Noël Hazemann de la Huchette, Jérôme Hullot, Jean-Claude Houdinière d’Atelier-Théâtre Actuel, Jean-Claude Lande de Nouvelles Scènes, les représentants du Secteur Public : Philippe Adrien du Théâtre de la Tempête, Emmanuel Dechartre du Théâtre 14-Jean-Marie Serreau, Colette Nucci du Théâtre 13, Stéphane Fiévet du Ministère de la Culture, Dominique Racle représentant Christian Schiaretti retenu au TNP-Villeurbannes, les comédiens ( dont Jean-Pierre Marielle qui fêtait son anniversaire) et metteurs en scène, décorateurs et autres membres de cette grande famille, dont ceux de l’association, venus applaudir leurs pairs inscrits désormais sur un palmarès dont chacun peut être fier. Jean Anouilh, dont on célèbre en cette année 2010 le centenaire, disait que c’était la seule récompense qu’il ait jamais acceptée.

Lumineuse, belle, pleine de finesse, de grâce, en un mot, de poésie, Ludmila Mikaël, visiblement heureuse évoqua ses souvenirs de jeune pensionnaire du Français, son Prix Gérard Philipe décerné, en ses débuts, en ce même lieu et ses amis présents ou disparus.

Puis, Christophe Girard lui remit le Brigadier symbolique.

Vint alors le tour du jeune et brillant Arnaud Denis, dont la valeur n’a pas attendu le nombre des années. La valeur mais aussi le respect et la gratitude pour son maître déclaré, Jean-Laurent Cochet, qui souriait au premier rang. Arnaud Denis rendit un vibrant hommage à sa compagnie dont il cita jusqu’au plus petit rôle. Et, recevant son brigadier des mains de Christophe Girard, il fit don à Danielle Mathieu-Bouillon d’un faux brigadier avec lequel, il avait corrigé Jean-Pierre Leroux dans le rôle de Géronte durant 300 représentations.

Vint enfin le tour d’Etienne Bierry rêvant à son premier, brigadier, celui de Louis Jouvet, avec lequel il avait dû, alors que le trac le paralysait, frapper les trois coups. Il n’avait pas fallu moins que Pierre Renoir pour le consoler de sa maladresse. Il évoqua aussi Pierre Brasseur qui lui avait fait don du brigadier qu’en son temps l’ART lui avait décerné. Rayonnant de l’amour qui l’unit à son épouse Renée Delmas avec laquelle il dirige depuis 50 ans le Théâtre de Poche-Montparnasse, il la rejoignit au premier rang au côté de son amie Danielle Delorme.

La magie du verbe des intervenants, l’évocation de leur vie au service du Théâtre des récipiendaires firent de cette cérémonie un moment privilégié : le rendez-vous d’amour donné par une profession à ceux qu’elle a choisis d’honorer.

prix du brigadier 2009
Danielle Mathieu-Bouillon, Etienne Bierry, Ludmila Mikaël, Bertrand Delanoë, Arnaud Denis et Christophe Girard
Photo Laurencine Lot

   
 

Réunis le 12 février 2010, au Petit Riche, le Jury du PRIX DU BRIGADIER a décerné à Etienne BIERRY le Prix du Brigadier d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière au service du Théâtre.

Il a décidé, en cette année de son cinquantième anniversaire, de couronner, par le Prix du Brigadier, un homme et une femme qui ont particulièrement marqué l’année théâtrale:
Ludmila MIKAEL pour son interprétation dans « L’Amante Anglaise » et Arnaud DENIS, pour sa mise en scène des « Femmes Savantes » de Molière.

     
 

Le Conseil d’Administration de l’A.R.T a conféré le titre de Régisseur d’Honneur à deux personnalités du théâtre, particulièrement  actives dans leur domaine :
- Frédéric Franck, Directeur du Théâtre de la Madeleine et du SIC
- Emmanuel Dechartre Comédien et Directeur du Théâtre 14-Jean-Marie Serreau

Tous deux rejoindront le jury du Prix du Brigadier qui se réunira le 12 Février 2010.

C’est Bertrand Delanoë, Maire de Paris, qui remettra le Prix, au printemps prochain, à l’Hôtel de Ville de Paris

 
     
 

Témoin d’une époque tumultueuse et souvent cruelle, Albert Camus est le plus idéaliste des auteurs dramatiques de la seconde partie du XX ème siècle. Engagé dans un combat sans merci contre l’injustice et l’absurdité, il choisit pour champ de bataille la scène et pour épée ses dialogues. Qui mieux que lui pourrait parler de son amour pour le Théâtre ?

"Je considère le Théâtre comme le genre littéraire le plus haut. Opinion au premier chef toute personnelle et qui s’appuie ensuite sur le fait que les plus grands écrivains de l’humanité sont des auteurs dramatiques. Pour moi le théâtre m’offre la communauté dont j’ai besoin, les servitudes matérielles et les limitations dont tout homme et tout esprit ont besoin.
(...)Un parti, un mouvement, une église sont aussi des communautés, mais le but qu’elles poursuivent se perd dans la nuit de l’avenir. Au théâtre au contraire, le fruit du travail, amer ou doux, sera recueilli un soir connu à l’avance et dont chaque jour de travail rapproche. L’aventure commune, le risque connu par tous créent alors une équipe d’hommes et de femmes tout entière tournée vers un seul but et qui ne sera jamais meilleure ni plus belle que le soir, longtemps attendu, où la partie enfin se joue.
(...) Sous ces cintres, derrière ces toiles, erre toujours une vertu d’art et de folie qui ne peut périr et qui empêchera que tout se perde(...) Recevoir et donner, n’est-ce pas le bonheur et la vie ? (...) Mais oui, c’est la vie même, forte, libre, dont nous avons tous besoin."

Extraits de Albert Camus par Geneviève Latour ( Auteurs contemporains 1945-1975 –site A.R.T)

Albert Camus
(photo DR)

Albert Camus nous quittait le 4 janvier 1960 à la suite d’un accident de voiture, bouleversant le monde littéraire et théâtral. Il n’aura jamais eu ses 47 ans.


En ce mois de janvier 2010, notre collaboration avec Rappels, le magazine des théâtres privés, se poursuit. Vous pouvez lire ici (s'ouvrira dans un nouvel onglet) l'article de Danielle Mathieu-Bouillon
N’oublions pas que Rappels, créé en 2001, propose à raison de 8 numéros par an un regard complet sur l’actualité et la programmation des théâtres privés.

aller sur le site de rappels magazine
 
     
 

L'Actualité de l'Association de la Régie Théâtrale

Les rencontres professionnelles du Cloître Saint-Louis
Avignon le 23 juillet

L'A.R.T. était présente à Avignon pour une réunion sur "Internet et la mémoire du Théâtre" avec les concepteurs du site "Les Archives du spectacles", Jacques Brunerie et Martine André. Etaient présent Jean-Pierre Demas, directeur de l'Institut Supérieur des Techniques du Spectacle (ISTS), Cécile Obligi du Département des Arts du Spectacle de la BNF, Michèle Jung de l'ATP de Lunel, Gérard Lieber de l'Université Paul Valéry (Montpellier), de représentantes des sites du Festival d'Avignon et du Festival d'Automne ainsi que l'agent général de l'A.R.T., Valérie Dervieu, accompagnée du webmaster du site, Vincent Parot. Au cours d'un libre débat furent évoqués l'intérêt des sites de mémoire et leurs difficultés, autant matérielles que légales, mais aussi l'engouement croissant des internautes et des chercheurs pour ces sites dédiés. Fut évoquée également, dans l'esprit même des créateurs de l'A.R.T., la possibilité d'un dépot systématique par les directeurs techniques de structures théâtrales des fiches techniques des spectacles présentés. La représentante de la BNF évoqua la nécéssité d'une extrême rigueur dans les vérifications de données.

Reste que les sites comme le nôtre mettent à disposition du public des documents et des informations que les structures publiques, hormis la BnF, peinent à offrir aux internautes en raison même de leurs dimensions.

Avignon 2009
Martine André, et Jacques Brunerie des "Archives du Spectacles et Jean-Pierre Demas, directeur de l'ISTS
 
     
 

Prix du Brigadier

Remise du Prix du Brigadier au Théâtre Montparnasse le 30 avril 2009

Au cours d’une chaleureuse cérémonie où la bonne humeur le disputait à l’affectueuse cordialité, Bertrand Delanoë a remis sous une salve nourrie d’applaudissements, sur la scène du Théâtre Montparnasse, le prix du Brigadier 2008 à Christian Schiaretti pour "Coriolan" au TNP-Villeurbanne et aux Théâtre de Nanterre-Amandiers, et, à l’occasion de son interprétation du "Diable Rouge" et pour l’ensemble de sa carrière, un Brigadier d’honneur à Claude Rich.

L’Association de la Régie théâtrale à l’origine de ce prix était représentée par sa présidente Danielle Mathieu-Bouillon dont les qualités d’animatrice et la sincérité ont semblé conquérir le Maire de Paris qui proposa notamment que l’Hôtel de Ville soit le théâtre de la prochaine attribution de ce Prix et qui déclara Paris capitale mondiale du théâtre… de tous les théâtres.

On reconnaissait dans une assistance où se confondaient les représentants du théâtre public et, ceux du théâtre privé, Marie-France Mignal, la Présidente de l’Association pour le soutien du Théâtre Privé.

"Quel bonheur que cette cérémonie" s’exclamait à son terme une personnalité présente, "on y était heureux comme on l’était à nos débuts dans la profession."

Prix du Brigadier 2008
Claude Rich, Danielle Mathieu-Bouillon, Christian Schiaretti
et M. le Maire de Paris, Bertrand Delanoë

photo Guirec Coadic

Armelle Héliot, Le Figaro, le 2 mai 2009 :
y 'avait de la joie dans l’air jeudi dernier au Théâtre Montparnasse. Dans la salle et sur le plateau, pour la remise des prix du brigadier. Prix à Christian Schiaretti pour "Coriolan" et prix d’honneur au délicieux, malicieux, merveilleux Claude Rich. Le jury s’était réuni il y a plusieurs semaines, sous la présidence de Danielle Mathieu-Bouillon qui fait vivre avec enthousiasme ce prix très cher au coeur des artistes. Il est issu de l’Association de la régie théâtrale, mémoire de l’art dramatique, installée à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Ce dont s’est félicité Bertrand Delanoë qui remit les brigadiers aux lauréats, rappelant que Paris peut s’enorgueillir d’être la capitale mondiale du théâtre, de tous les théâtres. Christian Schiaretti, déjà honoré par les molières dimanche dernier, fit l’éloge de la troupe et de l’esprit du TNP, tandis que Claude Rich, sous le regard tendre de Myriam de Colombi, directrice du Théâtre Montparnasse où triomphe "Le Diable rouge" de Christian Rault, faisait entendre les "trois coups" qui se frappent avec un brigadier. Claude Rich, avec sa dégaine de grand jeune homme, rappela avec simplicité quelques étapes de son parcours. Ses études, la camaraderie des années 1950, un spectacle en 53, déjà, au Théâtre Montparnasse, tous les auteurs qu’il a défendus, lui qui, ne l’oublions pas, est aussi écrivain, ses amis, sa famille. Catherine Rich, qui joue elle aussi au Montparnasse en ce moment, Delphine, leur fille aînée, sa soeur, tous les enfants et petits-enfants étaient là, étoiles d’une constellation brillante. Théâtre public, théâtre privé, c’est une seule famille et Claude Rich comme Christian Schiaretti le savent d’expérience…"

A. H.

Quelques liens à la presse en ligne:

Webthea.com
http://www.webthea.com/actualites/?Nouvel-article,1902

Rue du Théâtre
Le Quotidien du Spectacle Vivant en Europe, depuis 2003
http://www.ruedutheatre.info/article-31407020.html

Artistikrezo.com
http://www.artistikrezo.com/actualites/Theatre/remise-du-prix-brigadier-et-du-brigadier-dhonneur-au-theatre-montparnasse.html

 

prix du brigadier
M. le Maire et Mme la présidente de l'A.R.T.
photo BW

 
     
 

Prix du Brigadier

A l’initiative de l’Association de la Régie Théâtrale, le jury du Prix du Brigadier s’est réuni sous la présidence de Danielle Mathieu-Bouillon, le jeudi 18 décembre 2008.

Les membres du jury parmi lesquels on peut citer Jean-Laurent Cochet, Fanny Cottençon, Anne Delbée, Armelle Héliot, Jean-Claude Houdinière, Marie-France Mignal, Jean-Philippe Viaud, Fabienne Pascaud, Philippe Tesson, Hans-Peter Cloos , Paul Tabet ont élu :

Prix du Brigadier 2008 :Christian Schiaretti "Coriolan" au TNP de Villeurbanne et aux Théâtre des Amandiers de Nanterre

Brigadier d’honneur 2008 :Claude Rich pour "le Diable Rouge" au Théâtre Montparnasse et pour l’ensemble de sa carrière.

Ce prix, qui est, depuis 1960, la récompense des professionnels à un professionnel, est matérialisé par un brigadier traditionnel gainé de velours rouge.

Ces deux récompenses seront remises aux lauréats 2008 au début du mois de mars 2009, au Théâtre Montparnasse de Paris.

le jury du "Brigadier" 2008

le jury du "Brigadier" 2008
Le jury du "Brigadier" 2008

 
     
 

Pascale Bordet
"La Magie du Costume"

Textes et maquettes : Pascale Bordet www.pascale-bordet.odexpo.com
Photographies : Laurencine Lot www.photolaurencinelot.odexpo.com
Editions Actes - Sud©2008

 

Depuis "Vingt ans de piano forcés", spectacle de Jean-Paul Farré en 1986 jusqu’au "Malade imaginaire" de Molière joué par Michel Bouquet au Théâtre de la Porte Saint-Martin à partir du 5 septembre 2008, Pascale Bordet a dessiné d’innombrables costumes et accessoires, répondant aux rêves des metteurs en scène et aux besoins des comédiens. Elle a eu l’idée d’assembler aquarelles et photos, grâce à Laurencine Lot qui photographie tous les spectacles en avant-première, son premier regard extérieur. A partir de quelques anecdotes et photos prises en atelier, le livre retrace donc le travail de la création de costumes depuis les premières aquarelles jusqu’aux derniers raccords en coulisses, sans oublier les séances d’essayage avec les acteurs. La seconde partie de l’ouvrage passe du croquis à la scène : on y découvre les maquettes des costumes, aquarelles et échantillons des tissus, accompagnées des commentaires de Pascale Bordet et les photographies des comédiens en scènes (de Michel Bouquet ou Jacques Dufilho à Isabelle Carré et Cristiana Reali…). Comment le costume prendra vie, comment le mouvement imaginé dès le départ tombe juste grâce aux acteurs ? Tout cela apparaît d’un coup d’oeil,renforcé de souvenirs et de malicieuses réflexions sur les bonheurs et les angoisses de ce métier méconnu.

Formée aux beaux-arts, PASCALE BORDET s’est très vite tournée vers le croquis et la création de costumes de scène. Elle a commencé au Théâtre du trèfle et aux ateliers de l’Opéra Garnier à Paris (1982-1986). Depuis plus de vingt ans, elle travaille indépendamment comme costumière pour le théâtre et, de temps à autre, pour la télévision ou la scène musicale. Elle vient d’être nominée pour la huitième fois au Molière de la meilleure créatrice de costumes, obtenu deux fois déjà.


"La magie du costumes"

Edité par Actes - Sud
http://www.actes-sud.fr

 

Avec la participation de
l’Association pour le Soutien du Théâtre Privé (ASTP)
et de
l'Association de la Régie Théâtrale

Pascal Bordet et Michel Bouquet

Quelques critiques:

"L'Avant-scène"

Pascale Bordet, l'étoffe des songes
par Armelle Héliot

La grande costumière a conçu le beau-livre qui paraît chez Actes-Sud et retrace en maquettes, croquis, textes et photographies de Laurencine Lot, vingt ans de carrière. En cette rentrée, elle signe les costumes du « Malade imaginaire » avec Michel Bouquet au Théâtre de la Porte Saint-Martin.

Hiver comme étécelle qui aime tant marier les couleurs, inventer des tons subtils, manier des étoffes très diverses, printemps comme automne, celle qui conçoit les plus beaux et seyants des costumes de théâtre, va sa vie vêtue de blanc. "J'habille des angoisses, des caractères, des histoires", dit-elle en une belle formule pour circonscrire un art qu'elle maîtrise avec la fière modestie des très grands ouvriers. En blanc, Pascale Bordet se protège. Elle ne livre que très peu d'elle-même. Blanc comme une cellule est aussi son appartement et la pièce dans laquelle elle dessine ses premières esquisses... "Au théâtre, je suis un petit fantôme de lumière, une petite lumière dans le noir qui doit rassurer les comé­diens dans la nuit du plateau. Ma mission est des plus sérieuses."

Cette grande femme blonde, à chignon et frange sur des lunettes à large monture d'écaille qui éclairent un regard franc, intelligent et tendre en même temps, est devenue en quelques années une référence des spectacles de théâtre. Dix fois "nominée" aux Molières, dont une fois cette année pour "Victor ou les enfants aupouvoir", elle a reçu deux trophées. Son métier, c'est sa passion. Pas de place pour autre chose, sauf dix-sept ans de psycha­nalyse, tout de même. "Pour comprendre le conditionnement aux vêtements"dit-elle. Le cinéma, la télévision, le théâtre public la réclament. Mais elle déteste se disperser et ne se consacre qu'à une production à la fois. Complètement. Et du côté du privé.

Sa vocation vient de loin. Enfant, adolescente, elle servait de modèle à sa grand-mère couturière. Juchée sur la table de la cuisine, elle comprenait com­ment, au millimètre près, un vêtement a de la tenue, du tombant, comment il est harmonie et comment il exprime quelque chose de celui qui l'a créé et de celui qui le porte. "Je ne possédais alors aucune référence culturelle. J'ai été chercher dans les livres, très tôt." En fac de lettres, elles étudie la littérature et les langues, en se disant qu'une maîtrise est une porte d'entrée possible. Aux Beaux-Arts, elle apprend les techniques qui lui servent quotidiennement et qu'elle a affinées au fil du temps. À l'Opéra-Garnier, elle a passé quatre années aux ateliers, école excellente. "Je suis une autodidacte complète" souligne-t-elle. Mais ce sont ceux que l'amour guide. "Je suis portée par les valeurs de l'artisanat: la patience, la précision, l'endurance."

Elle connaît admirablement bien l'his­toire, et l'histoire des spectacles comme celle du costume. C'est une savante qui invente beaucoup. Sa connaissance par­faite des matières comme des usages, sa profonde curiosité, sa culture vaste, son goût de la vie et des autres lui donnent de l'audace. Elle a commencé il y a plus de vingt ans. Avec la compagnie du Trèfle et Augusto Boal - "en dilettante, j'étais encore étudiante" - et avec Jean-Paul Farré, - "école de débrouille et de savoir­faire". Citons "Vingt ans de piano forcés" en 1986."En fait, un jour, j'ai pris le Bottin, et avec un mélange de culot et d'insconscience, j'ai cherché...". Le décorateur Jacques Marillier l'a repérée. Georges Herbert lui a fait confiance. Rencontre fondatrice, Georges Wilson. "Par lui, j'étais en contact direct avec Jean Vilar" glisse-t-elle, toujours émue, toujours admirative et toujours fidèle. Premier travail pour lui: "Je ne suis pas Rappaport" avec Jacques Dufilho. Grand souvenir. Mais elle n'a que de grands souvenirs, ainsi avec Stephan Meldegg, avec Jean-Claude Brialy à qui elle dédie le bel album qu'elle a initié "pour rendre un peu quand j'ai tant reçu".

Des esquisses, des maquettes, des échantillons, des photographies de Laurencine Lot et des textes de Pascale Bordet elle-même. Un livre à la manière des cahiers superbes qu'elle consacre à chaque spectacle. Ces derniers temps, "Le Malade imaginaire" avec Michel Bouquet. Chaque personnage et ses costumes, les tissus longuement chinés qu'elle n'utilise jamais deux fois. Elle ne saisit pas les silhouettes de face, elle les cherche en mouvement, dans la vérité du jeu. "Avec le costume, on touche à la peau...". Elle comprend les angoisses, les sautes d'humeur. Dans les poches, les doublures, Pascale Bordet, qui crée aussi des acces­soires et se déclare résolument "anti­mode", glisse de petits mots, des secrets, des gris-gris. Ses costumes dévoilent et protègent.

A. H.

"Paris - Match"

OUVRAGE DE DAME
par Alain Spira

L'habit ne fait peut-être pas le moine, mais il fait à coup sûr l'acteur. De Molière à Pierre Notte, en passant par Goldoni ou Feydeau, Pascale Bordet connaît tous les rôles sur le "fil". Cette créatrice de costumes a hissé son nom au même niveau que celui des auteurs ou des metteurs en scène. Sa présence sur une affiche est gage de qualité et d'inventivité. Molière 1999 de la meilleure créatrice de costumes, cette chiffonnière de génie méritait qu'un ouvrage lui soit dédié. Composé de photographies de Laurencine Lot et des dessins préparatoires de Pascale Bordet, "La magie du costume" est un très beau livre qui rend compte du talent d'une artiste rare et, de fil en aiguille, sert de mémoire visuelle à plus de vingt ans de création théâtrale. A lire sous toutes les coutures...

"Théâtre - Magazine"

Après quatre années dans les ateliers de l'Opéra Garnier, elle débute en 1986 en dessinant les costumes de Jean-Paul Farré dans "Vingt ans de piano forcés", et devient vite incontournable dans les coulisses des théâtres. Ainsi, "L'amour est enfant de salaud", "La Cuisine d'Elvis", "Les Braises", "Créatures", "La Locandiera", "Le Roi se meurt", "Conversations après un enterrement", "La Sainte-Catherine", "Le Bourgeois gentilhomme" (version Bigord), "Victor ou les enfants au pouvoir", "Le Système Ribadier"... c'est elle. Sont travail lui rapporte deux Molières. Et aujourd'hui, c'est encore elle qui signe les costumes et accessoires du "Malade imaginaire" avec Michel Bouquet. Son livre est un recueil de son travail, avec des reproductions de croquis, des pho­tos signées Laurencine Lot d'habillage des comédiens et quelques phrases volées lors de ces essayages ou extraites d'interviews. Plus qu'un document sur son travail, il offre aussi un voyage en images dans l'univers secret des coulisses. HC

Pascal Bordet

"WEBTHEA.COM"
par Jean Chollet

Aux côtés de la mise en scène et du jeu des acteurs et avec la scénographie et les lumières, le costume de théâtre joue un rôle constitutif dans l’élaboration de l’acte dramatique. Riche ou épuré, austère ou ludique, il participe à la composition et à l’expression d’un personnage, dont il porte trace de l’identité sociale et de la psychologie, en contribuant ainsi à la perception qu’en ont les spectateurs. Comme le soulignait fort justement Roland Barthes, "le costume doit être un argument". Si sa mise en lumière sur la scène fait de lui un élément repérable, on ignore le plus souvent le cheminement créatif qui conduit à son aboutissement. C’est pourquoi il faut saluer la parution de ce beau livre signé par l’une des créatrices les plus appréciées dans le domaine du costume de scène, Pascale Bordet. Un ouvrage qui évoque un parcours engagé depuis 1986, pour l’essentiel sur les scènes du théâtre privé, riche de près de quatre-vingts créations. Avec finesse et légèreté l’artiste commente les approches et la genèse qui ont conduit à la réalisation des costumes d’une quarantaine de spectacles parmi les plus représentatifs de sa production. De "Vingt ans de piano forcés" de Jean-Paul Farré au "Malade imaginaire"> avec Michel Bouquet, actuellement à l’affiche, Pascale Bordet éclaire de ses réflexions et de ses anecdotes le processus ponctuel de sa création. Son rapport avec l’œuvre représentée et son inscription temporelle, la finalité expressive recherchée des costumes et leur rencontre avec les interprètes et les metteurs en scène, le choix des matières, le travail en atelier, constituent autant de ponctuations à même d’éclairer une pratique artistique méconnue du grand public. Elle prend surtout une dimension révélatrice à travers la reproduction de nombreuses planches de maquettes de costumes, qui témoignent de la palette artistique étendue de leur auteur. Elles sont accompagnées en écho par les photos de spectacles de Laurencine Lot, dont la qualité témoigne concrètement de l’inscription du costume dans la représentation. Dédié à Jean-Claude Brialy, auteur d’un texte d’introduction chaleureux, cet ouvrage répond également à une nécessité de mémoire et de transmission plus que jamais nécessaire au théâtre.

     
 

Jacques Noël
"Décors et dessins de Théâtre"


par
Nancy Huston, Geneviève Latour et Victor Haïm
Editions Actes - Sud ©2007
 

Comparaison n’est pas raison, mais ce grand décorateur et scénographe qu’est Jacques Noël m’évoque Jacques Prévert. Comme lui, c’est un poète qui use de moyens apparemment simples pour engendrer un univers somptueusement fantasmatique. Depuis 1946, il nous a offert environ quatre cent décors qui nous font pénétrer dans une atmosphère de contes de fées avec leur nature délirante et leur luxuriante beauté. Cet art, fait de tons chauds où les rouges moirés et chatoyants apportent aux oeuvres un climat de fabuleux mystère, c’est celui, unique et magistral de Jacques Noël. Les décors diaboliques des pièces de Ionesco, c’est lui. Le costume universellement connu du Mime Marceau, au mutisme si éloquent, c’est encore lui. Le magicien Jacques Noël a le don de s’insinuer, sans se gonfler le jabot, dans les replis les plus secrets de la création dramatique.

Victor Haïm

Jacques Noël, décors et costumes de Théâtre

Edité par Actes - Sud
http://www.actes-sud.fr
avec le concours du Centre national du livre

Quelques critiques:

Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 27/02/2008 )
Droits de reproduction et de diffusion réservés
© Parutions 2008 www.parutions.com

"...Les décorateurs sont rarement connus du grand public. Jacques Noël le mériterait pourtant : c'est certes un homme discret qui use de moyens simples pour engendrer un univers fantasmatique. Quel décorateur a pu se prévaloir d'avoir travaillé de leur vivant sur les pièces d'Eugène Ionesco, de Samuel Beckett ? Mais aussi de Jean Racine, ou d'Anton Tchékhov ? Et non content de cela mais aussi d'avoir collaboré avec Jean-Louis Barrault ou Roger Blin. Et même d'avoir travaillé au théâtre de la Huchette, à l'Opéra Garnier. C'est aussi lui qui crée l'espace scénique de Marcel Marceau..."


www.lelitteraire.com

"...La beauté de ce livre tient d'abord à la manière dont sont servies, comme autant d'images précieuses, les reproductions d'illustrations gouachées que Jacques Noël a réalisées pour chaque grand spectacle de son parcours : superbement mises en page avec, autour, de larges blancs qui les valorisent, les images sont parfois accompagnées de quelques notations de Victor Haïm, s'abandonnant rêveusement à de doux commentaires sur l'enjeu esthétique, la difficulté technique posée ou l'impression nébuleuse qu'il éprouve, subjugué par l'œuvre considérée. En début d'ouvrage figure une présentation rêveuse de Nancy Huston, évoquant avec tendresse sa rencontre du travail de Jacques Noël ; au terme de ce beau parcours livresque, une biographie signée Geneviève Latour rappelle les errances, les échecs, les passions, les engagements de ce grand amoureux du théâtre, qui lui consacra sa vie, son génie, son humilité..."


accompagné d'un dvd du film
"Jacques Noël, décorateur-scénographe"
conçu par
Danielle Mathieu-Bouillon
réalisé par
Xavier de Cassan
avec la participation
de
Jacques Mauclair -  Marcel Marceau
et
Eugène Ionesco
de l'Académie Française
Musique Archie Shepp et Jasper Van'thof
©A.R.T./Amalthéa Productions-S. Bouillon

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