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Participation de l'A.R.T. à la publication de livres sur le théâtre

 

les extravagants du théâtre, de Geneviève Latour

 

2000

Les Extravagants du Théâtre
De la Belle-Époque à la drôle de guerre

de Geneviève LATOUR

Publication : BHVP-ART Paris Bibliothèques

Avant-propos

Geneviève Latour est, une foi s encore, l'inventeur et l'auteur d'une expo­sition présentée à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Après nous avoir fait découvrir le théâtre d'art et d'essai, de 1946 à 1960, puis l'oeuvre des décorateurs Jean-Denis Malclès et Jacques Noël, les aspects politi­ques et idéologiques du théâtre « reflet de la IVe République », elle nous avait enchantés par son évocation des cabarets de l'après-guerre. Elle pensait poursui­vre avec les cabarets allemands des années 30, mais, peut-être par la médiation de Tzara, elle a porté son choix sur le théâtre des « extravagants » (elle revendique le terme). De savants exégètes ont déjà rejeté ce qualificatif : pour le théâtre de l'auteur dont ils sont spécialistes, ils privilégieraient plutôt les termes de théâtre absolu ou total, de théâtre futuriste, nuniste, dadaïste, surréaliste, de théâtre de la cruauté, de théâtre poétique, politique même. Ils doivent bien avoir raison. Mais qu'ils nous concèdent qu'entre tous les auteurs présentés dans ce volume, il y a aussi une étrange parenté.

Écoutons Geneviève Latour : « Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont fous, ils sont libres. Oiselets ébouriffés et provocateurs, ils font éclater leur coquille en mille morceaux dans un monde qui leur était intolérable... Pour combattre les tabous, le sectarisme, les bonnes manières, l'hypocrisie des bien pensants et l'esprit revanchard, ils ont utilisé la déraison, l'ironie, le scandale. Ils se sont servi du langage comme d'une arme empoisonnée et du théâtre comme d'un champ de bataille...

Leurs noms, toutes générations confondues : Pierre Albert- Birot, Robert Aron, Guillaume Apollinaire, Antonin Artaud, Louis Aragon, les Autant-Lara, Jean-Louis Barrault, André Breton, Jean Cocteau, Robert Desnos, Michel de Ghelderode, Yvan Goll, Remy de Gourmont, Max Jacob, Alfred Jarry, Louise Lara, F.T. Marinetti, Pierre Palau, Joséphin Péladan, Benjamin Péret, Pablo Picasso, Jacques Prévert, Rachilde, Raymond Radiguet, Georges Ribemont-Dessaignes, Henri Rousseau, Raymond Roussel, Erik Satie, Philippe Soupault, Alberto Savinio, Tristan Tzara et Roger Vitrac. »

Ce qui caractérise ce théâtre « ubuesque » de la première moitié du XXe siècle, c'est son allant, sa gaîté exubérante, nourrie, comme un fou rire, de niaiseries, d'énormités et d'absurdités. C'est pourtant le contraire du théâtre de l'absurde (de la seconde moitié du siècle), dans lequel la tristesse, la méchanceté et l'angoisse sont toujours sous-jacentes et souvent triomphantes.
Geneviève Latour a écrit son livre dans une intense jubilation. La rédaction fut l'occasion d'une véritable rencontre avec Arlette Albert-Birot qui avait accepté de relire un chapitre et qui a finalement relu tout l'ouvrage en nous faisant largement profiter de son exceptionnelle érudition.

La maquette de l'ouvrage est de Georges Richar-Rivier, qui a également conçu les décors de l'exposition. Ils ont été construits par Alain Caillat (Fabrique-scéno) et peints par Emilie Camus. Roger Jouan a reconstitué six maquettes de théâtres avec quinze figurines des costumes. Michel Vray a assuré l'encadrement et la mise en place des documents, Gérard Leyris a fait les prises de vue et les tirages. Marie-Odile Gigou, conservateur des collections théâtrales de la Bibliothèque historique, a assisté Geneviève Latour dans toute la préparation de l'exposition. Maryse Goldemberg, conservateur à la Bibliothèque historique, a lu et relu les épreuves avec la plus grande acribie. L'association Paris bibliothèques, et sa directrice Michèle Murgier, n'ont cessé d'apporter leur soutien actif à ce projet. On ne saurait parler de théâtre à la Bibliothèque historique sans mentionner la présidente de l'Association de la Régie Théâtrale, notre amie Danielle Mathieu, évidemment présente aussi dans cette entreprise.

Que tous soient ici remerciés, pour le plaisir et la joie qu'ils nous ont procurés

Jean Dérens
Ancien Conservateur en chef de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris

Ils sont beaux, ils sont jeunes ils sont fous, ils sont libres. Oiselets ébouriffés et provocateurs, ils ont fait éclater leur coquille en mille morceaux dans un monde qui leur était intolérable. Que ce soit en 1890, en 1914, en 1918, en 1925 ou en 1936, leur révolte était la même, aussi violente. Pour combattre les tabous, le sectarisme, les bonnes manières l'hypocrisie des bien-pensants et l'esprit revanchard, ils ont utilisé l'extravagance, la dérision, l'ironie et le scandale. Ils se sont servi du langage comme d'une arme empoisonnée et du théâtre comme d'un champs de bataille.

Geneviève Latour

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