Association de lalogoRégie Théâtrale  

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Quelques pièces

 

JE VIVRAI UN GRAND AMOUR

Analyse

Dans un château du Périgord, l’héroïne, Claude de Mauregard s’est fait cette promesse : « Je vivrai un grand amour ou je ne vivrai pas ». Là dessus elle est intraitable, ignorant les compromis, les arrangements. Elle aime éperdument le beau Camille qui rompra avec elle pour épouser une grande dame par intérêt. Elle l’avait auparavant répudié, le jugeant indigne de ce grand amour qu’elle lui porte. De ce fait, elle se l’attache davantage et vivra alors en solitaire, mais heureuse car elle continuera à vivre son grand amour.


Critiques

« Il y a de grandes invraisemblances dans cette pièce, mais elle est si spontanément féroce, si continûment galopante, qu’elle méduse et captive le spectateur, peu accoutumé malgré tout à de pareils bains d’électricité ».
Marcel Thiebaut - Journal

« Ce n’est pas une situation de théâtre tellement originale, ni un sujet plus excitant qu’un autre, mais Steve Passeur développe le thème avec une sûreté de touche et une force d’accent qui donnent à ces 3 actes une valeur de persuasion singulière ».
Jean Gandrey-Rety - Franc Tireur

« Jamais l’auteur ne s’est montré plus pénétrant et plus hardi psychologue. Il fouille ici un cœur de femme et le met à nu devant nous avec une dextérité et une audace exceptionnelle ».
André Ransan - Ce Matin

« Il est impossible de ne pas être emporté par cette action haletante, de ne pas être bouleversé par cette héroïne ardente et pure qui ne consent à vivre que dans l’absolu de l’amour humain ».
André Alter - L’Aube

"Je vivrais un grand amour"


L’ACHETEUSE

Analyse

C’est l’histoire dramatique et sans concessions d’une jeune fille riche et laide, Élisabeth qui, en payant les dettes d’un jeune homme qu’elle aime, peut se l’offrir. Le garçon, veule et sans intérêt accepte le marché et épouse cette femme qu’il n’aime pas. Il ne pense qu’à reprendre sa liberté, mais Élisabeth, sentant le danger, le séquestre et l’asservit. Il parviendra toutefois à s’enfuir avec une ancienne maîtresse. Élisabeth, meurtrie dans son amour et trahie dans son orgueil, se donne la mort.


Critiques

« C’est un travail de restauration théâtrale d’une diabolique intelligence. Il fallait être Jean Anouilh, avoir le génie du théâtre, le génie de l’épaisseur théâtrale, pour oser ainsi, sans le trahir et sans le ridiculiser, modifier la ponctuation dramatique d’un texte, et, jusqu’aux frontières de la dérision, jusqu’à faire parfois basculer le tragique dans le comique. Avec une désinvolture apparente, mais une fidélité attentive à la sensibilité profonde de Passeur, Anouilh réussit donc le tour de force de transformer complètement les apparences de l’œuvre sans cependant en changer les situations, l’écriture et l’humour ».
Pierre Marcabru - Paris Presse

« Cette pièce a la trentaine bien sonnée, mais elle ne la fait pas. Sa méchanceté l’entretient fraîche comme une rose. Une rose avec beaucoup d’épines en forme de dialogues vifs, acérés comme des lames, déchirants ; cette cruauté luisante, que l’humour aiguise encore donne à ce drame bourgeois des accents mauraciens ; la haine s’y mijote derrière les personnes de la respectabilité, l’argent y gouverne, tout achète tout, hormis l’amour ».
Henry Rabine - La Croix

« Qu’arrive-t-il quand on pousse une situation relativement normale jusqu’à ses extrêmes limites ? On file dans l’excès, l’exaspération, l’outrance, on en arrive à l’outrecuidance… Passeur a placé ses héros dans des situations tellement exagérées qu’on en oublie de noter ce qu’ils se disent - en haussant le ton - des choses qu’il arrive aux époux de penser plus ou moins confusément. On se lance dans un univers à la Strinberg et les conjoints se jettent à la figure les vérités premières de la vie en commun à peine à peu grossies ».
Jean-Jacques Gautier - La Figaro


107 MINUTES

Analyse

C’est l’aventure d’Alma, une jeune femme qui dirige une grande affaire industrielle et qui devient la maîtresse d’un de ses ingénieurs, Rémi, fiancé à sa sœur Estelle et qui a mis cette dernière enceinte. L’enfant naît, le mariage aura lieu sans que cesse la liaison. Estelle découvrira son infortune. Alma alors se dévoue et prétend qu’elle n’aime plus Rémi et vouloir se donner à un jeune godelureau sans intérêt.


Critiques

« Dans cette tragi-comédie de la chair - nous n’osons dire de la peau - Passeur a retrouvé à la fois sa veine de l’Acheteuse et des Tricheurs et la tradition du théâtre passionnel de l’autre avant-guerre qui progressait par grandes lignes simples et donnait la primauté à l’action. Toutefois, le cynisme ingénu de ses personnages, que l’auteur a poussé par moments jusqu’à la charge, l’âpreté parfois provocante du dialogue rachètent l’emploi de procédés par trop éprouvés. Ainsi 107 Minutes est-il assuré de trouver l’audience d’un vaste public, comme celle d’amateurs d’art plus subtils ».
Gustave Joly - L’Aurore

« Dans l’ensemble, le drame apparaît souvent du style « comédie larmoyante », de grand "théâtre sensuel Henri Bataille". Souvent aussi, heureusement le dialogue éclate en répliques percutantes d’un comique amer qui est du meilleur Steve Passeur". 
Jean Gandrey-Rety - Franc Tireur

« Je devrais haïr son art pour l’offense perpétuelle qu’il est à tout ce que j’aime : la simplicité, la vérité, le naturel ! Et pourtant, je ne puis faire que je n’assiste à chacune de ses pièces avec une sympathie et même une amitié d’esprit entières… C’est qu’il règne dans tout ce qu’il écrit une merveilleuse intelligence dramatique ».
Francis Ambriere - Opéra


N’IMPORTE QUOI POUR ELLE

Analyse

L’action se situe sous la Fronde, dans un château proche de Bordeaux, quartier général du Prince de Condé, en guerre contre Mazarin et le jeune Louis XIV. Gaston de Chalinaud, l’un des chefs de la Fronde, vient d’être poignardé. Ce meurtre est une exécution accomplie par une jeune femme, Trista de Tartanne, dont le père trouva la mort lors d’un guet-apens organisé par Chalinaud. Trista est soupçonnée et mise au secret en compagnie d’un autre suspect Daniel de Broux, qui découvre très vite la vérité, mais tombe amoureux de Trista. Il décide alors de faire « n’importe quoi pour elle », et s’accuse du meurtre. Trista montera néanmoins à l’échafaud après avoir obtenu de Daniel qu’il consente à vivre et à se mettre au service du Roi.


Critiques

« Une pièce originale, violente, sans répit et qu’il faut imposer à notre scepticisme … Cela est assez fier et pathétique. D’un pathétique avec lequel je m’excite à communier sans trop être persuadé que cela soit possible, humain ».
Robert Kemp - Le Monde

« Selon sa manière qui n’est jamais indifférente, encore moins banale, Passeur nous propose une tragédie de la Résistance. Amour et politique. Ce mélo feuilletonesque, où Bernstein collabore curieusement avec Dumas Père, s’il n’était signé de l’auteur de Je vivrai un grand amour qu’en penserions-nous ? Tout de go, le plus grand mal. Quelle mixture ! ».
Georges Lerminier - Le Parisien Libéré

« Steve Passeur, après cinq ans de silence, revient au théâtre avec le mieux fait et le plus convaincu des mélodrames historiques. On ne joue plus guère La Tour de Nesles si ce n’est au cabaret. Nous manquions tous un peu de conviction, cette conviction sans laquelle le mélodrame n’est qu’un jeu démodé, brille de toutes les parties de N’Importe quoi pour elle … Je crois que l’apparition de N’importe quoi pour elle aura, dans l’histoire du théâtre, autant d’importance qu’en eût, pour celle des sciences, la découverte du cœlacanthe. Elle témoigne en faveur de la persistance des espèces avec autant d’éloquence que peut le faire en poésie l’actuelle réinvention de l’alexandrin doué de césure et de celle du sonnet conforme en tous points à celui décrit par Nicolas Boileau ».
Jacques Lemarchand - Le Figaro Littéraire

« Si je devais adresser un reproche à Steve Passeur, ce serait, paradoxalement de n’avoir pas joué le jeu à fond. Je crains qu’il n’ait été timide et n’ai point usé assez du stylet et du poison ».
Max Favalelli - Paris Presse

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