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Une présidence bienvenue

 

Cette année 1946 est importante dans la vie de Roger-Ferdinand, car elle marque son entrée, en qualité de Président, à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, où il restera 9 années et y laissera le souvenir d’un excellent gestionnaire dont les qualités de finesse, de diplomatie et le sens de la solidarité ont fait merveille. Dès qu’il apprenait qu’un de ses confrères avait besoin d’aide ou était malade, il se précipitait pour le rencontrer. Un jour, il va rendre visite à Paul Raynal 1 vieux et malade. Cette visite durera plus de trois heures car, chaque fois que l’ascenseur arrivait au rez-de-chaussée, Raynal le rappelait dans son quatrième étage.

Il a été secondé dans cette tâche par Jean Matthyssens qui avait déjà assisté Marcel Pagnol, prédécesseur de Roger-Ferdinand au poste présidentiel. Jean Matthyssens, qui venait d’être reçu au Concours d’expert économique d’Etat, grâce à une thèse de doctorat sur le droit d’auteur, rencontre Pierre Bourdan, ministre de la Jeunesse et des Sports, qui lui signale que la SACD recherche un délégué général, le précédent ayant été licencié pour cause de collaboration. Jean Matthyssens est agréé et restera délégué général de la SACD durant quarante ans.

Lettre de Colette à Roger-Ferdinand
Lettre de Colette au Président Roger-Ferdinand
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Roger-Ferdinand habitait à Lozère, près de Massy Palaiseau, la maison où vécut Charles Peguy de 1907 à 1912. Il n’éprouvait pas pour Peguy une grande passion, mais avait tout appris sur sa vie et sur son œuvre, afin de pouvoir passer pour un admirateur du poète quand il recevait dans sa maison qu’il faisait alors visiter, ce qui était très rare, car il n’aimait pas recevoir chez lui, craignant toujours que sa femme Jeanne, atteinte de sclérose en plaques, n’en soit perturbée. Ce qui fascinait ses proches, c’était la façon discrète qu’il avait d’ôter son sonotone dès que l’ennui l’atteignait, ce qui lui permettait d’être ailleurs.

la maison de Roger-Ferdinand
La maison de Lozère
(photo DR)
Coll. part.

Un frère inventeur

Un mot sur son frère Georges, professeur de physique, qui a découvert le moyen de comprimer les gaz, et inventé le briquet Flaminaire. À la générale d’une pièce de son frère à Marigny, un spectateur reçut une bague sur la tête. Au premier rang de la corbeille, Georges venait de s’écrouler en laissant choir sa chevalière. Il devait mourir dans l’ambulance qui le transportait à l’hôpital.

La Présidence de la Société des Auteurs, très astreignante, n’a pas empêché Roger-Ferdinand de poursuivre sa carrière de dramaturge. Il donne en effet en 1944 une adaptation de Tess d’Uberville (d’après Th. Hardy) au théâtre Antoine, Les Derniers Seigneurs en 1946 au Théâtre Edouard VII (400 représentations). C’est l’histoire d’un maître d’hôtel honnête et dévoué qui va tenter de sauver la fortune et le prestige de la maison qu’il a servie, dont les maîtres ont fui leurs devoirs et leurs responsabilités. C’est lui, le dernier seigneur.

"Les derniers seigneurs"
Les derniers seigneurs

Trois garçons, une fille en 1947 au Gymnase. Quatre jeunes gens, très différents les uns des autres, un intelligent et volontaire, un joufflu nonchalant, un romantique, et une jeune fille fragile mettent tout en œuvre pour retenir au foyer leur père, tenté par le démon de midi. Ils ont vingt ans en 1948 au Théâtre Daunou. C’est la suite des J3. Les potaches ont grandi, on les retrouve aux prises avec l’amour, mais il ne s’agit plus de passions d’étudiants, mais d’amours d’hommes.

"Ils ont vingt ans"
Ils ont vingt ans
B. Fanal, J.-P. Coquelin, Bernard La Jarrige et Dominique Nohain
Dessin de A.-G. Badert

Le Mari ne compte pas en 1948 aux Bouffes Parisiens, dont on trouvera résumé et critiques plus loin. En 1951 aux Capucines Mon mari et toi. En 1952 aux Variétés Le Père de Mademoiselle, dont on trouvera également plus loin résumé et critiques.

"Le Père de Mademoiselle"

1 Célèbre auteur de Napoléon unique, Le Maître de son cœur, Au soleil de l’instinct, Le Matériel humain, Le Tombeau sous l’Arc de Triomphe.

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