Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Un jeune homme docile et prudent

Pierre-Aristide Bréal est né le 31 mai 1905 à Janzé (Ille et Vilaine). Une jeunesse sans histoire. Fils ainé d'un médecin de campagne, il fait ses études au lycée de Rennes. Déjà titillé par l'art dramatique, il écrit à quinze ans une petite pièce en vers Le prince charmant qui est montée par une troupe d'amateurs, et remarquée par la critique littéraire des Nouvelles rennaises.

Une fois le bachot passé, Monsieur Bréal - son père lui assène la réplique traditionnelle : « Fais, si tu veux, de la peinture ou de la littérature, mais aies d'abord un métier ». Pour pouvoir aller à Paris, le jeune homme choisit la chirurgie dentaire. Il arrive dans la capitale en 1926 afin d'y faire ses études.

Parallèlement, il donne des poèmes à diverses revues et fait partie d'un groupe de jeunes littérateurs et peintres. Comme bon nombre de ses futurs confrères, il privilégie, pour ses sorties théâtrales, le théâtre de l'Atelier. Charles Dullin, alors, personnifie pour eux tous - Achard, Salacrou, Duran, Passeur – le vrai théâtre, la nouvelle dramaturgie. C'est donc tout naturellement qu'il porte au maître en 1930, la pièce qu'il vient d'écrire. Dullin ne la retient pas, mais accueille chez lui l’auteur en herbe qui va pouvoir assister au travail des répétitions. Mieux, il lui propose de faire partie du Comité de rédaction de sa revue Correspondance qui réunit Salacrou, Priel, Jolivet, Morvan-Lebesque et De Richaud. Breton bretonnant, Pierre-Aristide a la chance que Jarl Priel, le lecteur de Dullin, soit breton lui-même, prête une attention particulière à la pièce d'un « pays », et la signale à Dullin. Quelques mois plus tard, ce dernier annonce, pour ses Mardis de l’Atelier, deux pièces de Bréal : La Maison heureuse et Copains. De son côté, Gaston Baty s'intéresse à Mirages. « Finalement, ces trois ouvrages n'ont pas été montés. Et je ne le regrette pas : ils n'y étaient pas bons… Mais l'attention de Dullin et celle de Baty m'avaient donné espoir ». 1

C'est en 1935 que Dullin monte la première pièce de Bréal Trois camarades, interprétée par Julien Bertheau et Claude Genia. Trois garçons aux prises avec les difficultés matérielles, dont l'amitié risque d'être brisée, par l'arrivée d'une femme au sein de leur communauté, amitié qui s'en trouvera au contraire renforcée. L'auteur connaît là son premier succès. « Trois camarades, c'était la vie de bohême 1935. Nous avons eu un franc succès de presse. Ensuite, mon métier de dentiste, nécessaire pour vivre, m'a évidemment mis un peu en marge du théâtre ; je n'en ai pas moins continué à écrire régulièrement. Je crois d'ailleurs que ce genre d'activité m'a été utile. Je suis un lent. Il me faut longtemps pour mûrir une idée de pièce ». 2

1 Interview de Paul-Louis Mignon – Le Théâtre de A à Z – Éditions de l'Avant-Scène.
2 Paul-Louis Mignon – Le Théâtre de A à Z – Éditions de l'Avant-Scène.

 

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