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Un avenir tout tracé

Le 16 novembre 1923, le petit Marc Camolettti, d’origine italienne, naissait à Genève, au sein d’une famille d’architectes célèbres. Son grand père dessina les plans de la salle de concert en l’honneur de la reine Victoria, son père, son oncle, ses cousins, tous avaient embrassé cette profession. Aussi ses études secondaires terminées, Marc fut, d’office, inscrit à l’école d’architecture et dut prendre conjointement des cours de dessin et de peinture. Malheureusement, l’adolescent n’avait pas la vocation. Mais comment pouvait-il échapper à un avenir tracé d’avance ?

À la mort de son professeur de dessin, A. Schoeller, le jeune homme quitta Genève et vint s’installer à Paris dans le début des années 1950. Il rencontra Germaine, une jeune décoratrice, d’un an sa cadette, qui souhaitait devenir directrice de théâtre. Ce fut le coup de foudre, l’amour de toute une vie. La jeune fille fit découvrir le théâtre à son jeune amoureux. Elle n’eut guère de mal à le convertir.

Quelques années plus tard, M. Camoletti, interrogé par un journaliste sur son amour de la scène, lui répondit : « Pourquoi cette soudaine passion pour la comédie ? Est-ce que je dois évoquer l’atavisme ? Un arrière-grand père, auteur dramatique sous l’Empire ? ». 1

Des débuts au théâtre

En 1955, Marc, sans doute encouragé par Germaine, se lança dans l’écriture d’une première pièce. Assez mécontent de son ouvrage, dont le personnage principal était Don Juan, il préféra mettre en scène une œuvre d’autrui : Isabelle et le pélican, pièce comique de Marcel Frank, au théâtre Edouard VII .

Isabelle et le pélican
Reprise au Théâtre de L'Ambigu - 1955
Collections A.R.T.

Devant le succès du spectacle, Marc ne put s’empêcher de se remettre à l’écriture d’une nouvelle comédie intitulée La Bonne Anna. Il s’agissait de l’employée de maison d’un ménage dissolu, les époux se trompaient l’un l’autre sans vouloir divorcer. Maligne et ingénieuse, Anna inventait des mensonges, des quiproquos pour éviter les scènes et la rupture. Ce fut le comédien Michel de Ré qui mit la pièce en scène au théâtre des Capucines. Un soir, un acteur tomba malade, Marc n’hésita pas à le remplacer au pied levé, ainsi embrassa-t-il une seconde profession, intermittente celle-là.

La Bonne Anna
Programme original de La Bonne Anna
en photo : Michel Galabru

Collections A.R.T.

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Le public était heureux et riait à tous moments au cours de la longue carrière de La Bonne Anna qui fut jouée plus de 1.300 fois. Le directeur des célèbres tournées Baret, qui sillonnaient la France, mit le spectacle à son programme, c’était le succès. Plus rien désormais ne faisait peur au dramaturge débutant. Il avait trouvé sa voie : le Vaudeville.

En 1959, il retrouve Michel de Ré à la mise en scène pour Pauvre Édouard, à la Comédie Wagram, puis Christian-Gérard pour L'Homme nu au Théâtre des Capucines avec Pauline Carton.

1 M. Camoletti L’Avant scène N° 426

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