Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Quelques pièces

LE ROI EST MORT

Pièce en trois actes, créée au théâtre des Mathurins, le 21 mai 1949, interprétée par Michel Bouquet,Laurence Aubray, Claude Larue, Jean Marchal, Jean d’Yd, Lucien Guervil, mise en scène de Jean Marchat, musique de Louis Beyts, décors de Denis Martin.


Analyse

Sur le fond d’une histoire d’amour se greffe une affaire d’Etat. Grâce à un sosie, le jeune roi Michaël échappera à l’assassinat fomenté par un vieil oncle, désireux de prendre sa place. Vivant, voici donc Michaël devenu étudiant amoureux par la force des choses … Mais l’amour n’est pas toujours là où on l’attend et la Royauté peut laisser place à la République.

Critiques

 «  Je pense que le public prendra son plaisir dans les brillantes variations à la Sardou 1, à la Meilhac 2 que lui offre cette comédie et ne songera pas à pénétrer dans le dédale des prolongements pirandelliens un peu flous » .
Jean Gandrey-Rety Ce Soir

« La pièce est infiniment agréable à entendre par la vertu d’un dialogue soigné et même élégant ; par l’ingéniosité de son postulat et ses brillantes rêveries où celui-ci nous invite, sur le plus tentant des sujets : l’Amour ; enfin par la façon dont l’ouvrage est présenté aux Mathurins » .
Francis Ambrière Opéra

«  Cette pièce, traitée comme toutes les œuvres de Louis Ducreux en demi-teinte et sur le ton de l’ironie, tient à la fois de la comédie, du drame, du vaudeville, de l’opérette et même par instant de l’opéra –bouffe. Nous retrouvons avec plaisir dans Le Roi est mort les dons légers, brillants, poétiques de l’auteur de La Part du feu. Le dialogue, d’une écriture élégante, contient quelques jolies perles, dont le ton et l’esprit sont d’une agréable saveur » .
André Ransan Ce matin-le pays

« Un agencement fort habile des éléments de l’intrigue, une action concertée avec une science certaine des lois et des coutumes du théâtre. En un mot une mise en place rigoureusement juste de tous les éléments de la comédie en trois actes… » .
Jacques Lemarchand Combat

« Laissons aux spectateurs les plaisirs d’une intrigue rebondissante , ingénieuse, cocasse, semée de situations, de traits de caractères et de mots » .
Pierre Lagarde Libération

« J’en veux à M. Louis Ducreux d’escamoter notre émotion sitôt qu’il laisse passer la pointe de son cœur » .
Henry Magnan Le Monde

« Elle ( la pièce ) est pleine de charme, de finesse, d’ironie, cette histoire du dernier roi du monde. Les plaisirs que l’on goûte à ce divertissement ne tardent pas à s’élever et l’on découvre, assez vite, que si Louis Ducreux veut se donner l’ apparence de ne vouloir qu’amuser, son ambition réelle va certainement plus loin… ».
André Alter L’Aube



L'AMOUR EN PAPIER

Pièces à couplets, créée le 8 mars 1952, au théâtre du Quartier-Latin, interprétée par Louis Ducreux, Ivan Peuk, Maurice Biraud, Jacqueline Dor, Delphine Seyrig, Edith Perret, Paticia Soleil, Jeanne Dorival, Jean-Marc Thibault, mise en scène de Michel de Ré, décors de Raymond Faure.

 

Analyse

Les personnages d’ un hebdomadaire illustré étant animés , un champion cycliste se pavanant sur la Une, peut tomber amoureux d’une chanteuse photographiée en huitième page Pour la retrouver le héros devra parcourir le journal en entier, à travers toutes les rubriques.

Critiques

« Ne cherchez pas Le Feu Roulant à votre kiosque, c’est sur la scène du théâtre du Quartier-Latin qu’on imprime et qu’on le diffuse quotidiennement à un tirage de deux cents fauteuils et strapontins. C’est une idée charmante et d’une alerte fantaisie qu’a eue M. Louis Ducreux en imaginant de redonner la vie à tous les personnages…. L’Amour en Papier est un spectacle de la plus fine qualité et qui aura, n’en doutons pas, de nombreuses éditions » .
Max Favalelli Paris-Presse 12 mars 1952

« C’est sur un plateau minuscule, toute une grande opérette féérique du Châtelet en comprimé, saupoudrée de l’esprit d’une revue de Rip, assaisonnée de la fantaisie endiablée et burlesque d’un opéra –bouffe d’Offenbach. Une grande heure de charme, d’ironie , de cocasserie, de rire » .
Paul Gordeaux France Soir 13 mars 1952

« Cette « revue de presse » sur le mode intime, indiscret et sentimental déborde d’humour inventif et alerte. Louis Ducreux a écrit le texte et la musique de cette comédie à couplets, apparentée de très près à l’opérette de cabaret, avec beaucoup d’esprit et quelques chose en plus : une poésie légère circule dans certains épisodes de cette épopée du papier journal illustré » .
Jean Gandrey-Rety Ce Soir 12 mars 1952

« Que la fantaisie de Louis Ducreux est donc personnelle ! Un peu de satire par –ci, un peu de poésie par-là , une grande vivacité d’esprit et beaucoup de drôlerie dénuée de prétention »
Jean-Jacques Gautier Le Figaro 14 mars 1952

« Il y a longtemps que je n’avais entendu quelque chose d’aussi joli dans son raffinement et son léger libertinage. C’est fait avec rien – à la façon dont, prenant une banale feuille de papier, des mains ingénieuses en font successivement toutes sortes d’objets -. C’est la caricature sur la pointe des pieds par un excellent danseur corsé d’un doux musicien. Ce sont des fleurs artificielles, des fleurs de papier, si bien arrangées qu’on leur croît un parfum »
Marc Beigbeder Le Parisien Libéré 14 mars 1952



LA MARIEUSE

Comédie en quatre actes de Thornton Wilder, texte français de Louis Ducreux, créée à la Comédie de l’Est (Strasbourg), le 8 décembre 1959, interprétée par Paul Bru, Jacques Born, André Bénichou Georgeette Lachat, Jean Schmitt, Lise Visinand, André Pomarat, Anne Le Noir, Bernard Freyd, Sylvie Artel, Claudine Berthier, Bernard Rousselet, Paul Brecheisen, Danièle Gautier, Huguette Lengagne. Mise en scène de Pierre Lefèvre, décors et costumes de Serge Creuz.



Analyse

Pour s’opposer aux amours juvéniles de sa nièce et son prétendant, un vieil homme riche et jaloux s’en remet aux bons soins d’une marieuse intrigante, mais tel pris qui croyait prendre il se sentit tout d’abord berné , pour tomber à son tour amoureux des charmes encore désirables de l’aventurière. Tout fut bien qui finit bien

Critiques

« Telle qu’elle est, cette petite comédie d’intrigue ne manque point d’agrément. Son humour est aimable. La satire y effleure, dépourvue d’âpreté. A quatre reprises un des personnages vient parler au public . Et personnellement ce sont ces quatre très courts monologues, un peu cyniques, un peu mordants, doux-amers, mais toujours humains en fin de compte que j’apprécie le plus dans la pièce. »
Jean-Jacques Gautier Le Figaro

« À vrai dire ces variations américaines ont été justement placées sous le signe de Labiche car elles ne s’écartent que bien peu des thèmes chers à notre premier vaudevilliste. Tout l’art ( inestimable ) de Labiche est de promener des fantoches à travers des situations toujours drôles et jamais scabreuses, en égratignant avec une férocité gantée de fausse naïveté le monde de l’argent (…) Dans La Marieuse on peut même détecter ici et là quelques vestiges de Molière 3. (…) Et tout le monde, sur la scène et dans la salle se sera bien amusé. »
Robert Sevy Les Nouvelles de Besançon

« La Marieuse est une comédie moderne, drôle, sans être vulgaire et gaie sans avoir recours à la grivoiserie (…) Cette histoire trouve sa force dans sa beauté simple et neutre. (…) Wilder a su faire évoluer ses personnages sur un manège où se côtoient l’amour et l’argent et c’est ce manège, dirigé avec maestria et semé d’incidents gracieux, qui plaît même à des esprits délicats. »
Jean-Pierre Raidron Union républicaine de Châlons- sur – Marne

« Thornton Wilder sait peindre. Et il suspend devant nos yeux toute une guirlande de « types » très américains. Il introduit dans cette farce des éléments de poésie forts étrangers aux vaudevillistes du XIXème siècle. Il va même bien plus loin, ressuscitant un procédé antique : celui du « canzon » espagnol, qui ressemble un peu au « song » de Brecht… Quatre monologues interrompant les quatre actes en leur milieu pour nous révéler les pensées des quatre protagonistes. Pierre Lefèvre, le metteur en scène, à souligné ces brusques décalages par un arpège de guitare, par un changement d’éclairage passant du quotidien à l’irréel. C’est dire combien ces hors-textes s’apparentent aux recherches que nous aimons tant. »
Jean Beaumont L’Écho de Lyon

1 Victorien Sardou, auteur dramatique français, 1831 -1908
2 Henri Meilhac, auteur dramatique français, librettiste, 1830 - 1897
3 cf L’Avare


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la mémoire du théâtre