Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Les grands scandales dramatiques

Quoiqu'il en ait dit, l’écriture théâtrale manqua bientôt à Jean Genet... Lors d’un entretien avec une journaliste, il avoua :  «  Je suis resté six ans dans cet état misérable, dans cette imbécillité qui fait le fond de la vie: ouvrir une porte, allumer une cigarette…  ».

Genet mit alors en chantier, simultanément, ses trois plus grandes pièces : Le Balcon, Les Nègres et La Mère, qui devint Ça bouge encore avec en sous-titre La Mort, puis Les Mères et enfin Les Paravents. Les paravents avaient un rôle primordial dans le spectacle. La pièce ne comprenant pas moins de dix-sept tableaux situés dans des lieux très différents: un village arabe, une orangeraie, un bordel... , la plupart d’entre eux, peints et dessinés en trompe-l’œil, servait de décors mobiles. D’autres recouvert de simple papier blanc que crevaient les personnages en mourant, représentaient la ligne de passage entre la vie et le trépas. Enfin des paravents translucides permettaient d’assister au spectacle chez les morts. Morts des deux camps, réconciliés.

En mai 1956, après que Genet en eut écrit la cinquième version, Marc Barbezat publia Le Balcon dont la couverture fut dessinée par Alberto Giacometti.

Le Balcon, dessin de Giacometti
Alberto Giacometti
Couverture du Balcon

Dès sa parution, l’ouvrage attira l’attention du philosophe Jacques Lacan : « … en trois grandes scènes, Genet nous « présentifie » sur le plan de la perversion, ce qui prend de là son nom, à savoir que, dans un langage cru, nous pouvons, aux jours de grand désordre, appeler le bordel dans lequel nous vivons. La société en effet ne saurait se définir que par un état plus ou moins avancé de dégradation de la culture ». 1

Alors que Les Négres furent édités en juin 1958, Genet achevait la première version des Paravents et envisageait une gigantesque œuvre théâtrale, composée de sept pièces, inspirée des tragédies grecques. Il entreprit alors l’écriture du Bagne qui devait s’intégrer dans l’ensemble et qui ne sera jamais achevé.

Il fallut attendre le 18 octobre 1959 pour que soient présentés Les Nègres, 2 au théâtre de Lutèce, petit théâtre d’avant-garde, dont la directrice Mme Lucie Germain, mécène d’une grande générosité, assuma la totalité des frais.

Les Nègres de Jean Genet au Théâtre de Lutèce
Collection A.R.T.

Quelques années auparavant, Raymond Rouleau avait suggéré à Jean Genet d’écrire une pièce qui serait jouée essentiellement par des comédiens de couleur. L’idée parut intéressante à l’auteur encore qu’il se demandait : «  Mais qu’est-ce qu’un Noir ?  ». 3 Souhaitant répondre à cette question, Genet se mit au travail et imagina un procès au cours duquel des notables de race blanche seraient jugés par des Noirs. La pièce achevée, Raymond Rouleau voulut la mettre en scène. Malheureusement dans l’impossibilité de réunir une distribution adéquate, il dut renoncer. Genet profita de ce contretemps pour retravailler son texte.

En 1957, quelques jeunes comédiens noirs, élèves du Centre Dramatique de Paris, avaient l’intention de se réunir pour monter une compagnie théâtrale : Les Griots, dont le but était de promouvoir la littérature et le théâtre africains. Ils demandèrent à Roger Blin de les faire travailler. L’occasion était belle de leur soumettre la pièce de Jean Genet, dans sa version définitive. Le travail de répétitions dura six mois. Certains comédiens étaient martiniquais, haïtiens, d’autres camerounais, d’autres guinéens et guyanais, il fallait uniformiser les accents. De plus, pour les Noirs interprétant des Blancs, le port du masque était indispensable, les comédiens devaient donc se familiariser avec cet accessoire...

Les Nègres de Jean Genet
Les Nègres
Costume d'André Acquart

Maquette originale
Collection A.R.T.

Les Nègres furent joués très peu de temps après le voyage du Général de Gaulle en Afrique du Nord, annonçant l’indépendance du pays. Dans ce contexte, le spectacle devrait avoir un impact violent sur le public et ne manquerait pas de choquer nombreux spectateurs. Roger Blin s’attendait au pire. Lui même jugeait : « La pièce très méchante et plus que de la sympathie qu’éprouve Jean Genet pour les Noirs ou pour toutes les catégories de gens opprimés, il s’agit là d’une critique en règle de toutes les valeurs blanches, d’une mise en boîte de l’histoire de France ». 4

Comme prévu, la première représentation fut houleuse. Se sentant agressé en tant que Blanc, Eugène Ionesco sortit au milieu du spectacle.

Si de nombreuses critiques furent détestables, elles n’eurent qu’une faible influence sur le public. La salle fut complète jusqu’en juillet 1960. On venait voir Les Nègres par curiosité. Comme le reste du public, certains ressortissants noirs qui travaillaient en France et qui, pour la plupart, avaient des revendications à formuler, trouvaient néanmoins que l’auteur avait dépassé les bornes.

Alors que Le Balcon devait être affiché depuis plusieurs années à Paris, d’abord au théâtre Hébertot, puis au théâtre Antoine, il ne fut créé que le 18 mai 1960 sur la scène du Gymnase.

La pièce avait été jouée à Londres, en avril 1957, devant un Jean Genet, furieux de la présentation. Il s’en suivit une empoignade telle entre l’auteur et le metteur en scène Peter Zadek que la police avait du intervenir.

Après Londres, ce fut Berlin au Schlosspark- Schiller en 1958. Cette fois, Genet n’assista pas au spectacle, non plus qu’à Broadway, en mars 1960. Et pourtant les 672 représentations new-yorkaises remportèrent un vif succès.

À Paris, la mise en scène fut signée Peter Brook. À la tête d’une distribution de vingt-sept personnages, Mme Marie Bell, Sociétaire honoraire de la Comédie Française, directrice du théâtre, s’attribua le rôle principal : Mme Irma, tenancière de maison close dont les clients anonymes et fidèles avaient pour coutume d’assouvir leurs obsessions en incarnant, sous des habits d’emprunt, le personnage que chacun aurait souhaité jouer dans la vie. Un prétendu évêque en chasuble confessait une très jeune fille, un soi-disant juge, en toque et robe, fouettait une supposée voleuse, un faux général en grand uniforme demandait à sa partenaire de se déguiser en cheval et mimait sa propre mort sur le champ de bataille…

Le Balcon de Jean Genet au Théâtre du Gymnase
Collection A.R.T.

Le sujet scabreux choqua la plus grande partie du public. Comme toujours, face aux ouvrages de Jean Genet, les avis furent partagés et excessifs. À son habitude, Jean-Jacques Gautier cria son indignation : « Œuvre délirante, cauchemardesque, démentielle, morbide, quêtant le scandale ». 5 Aux divers billets des critiques dramatiques, s’ajoutèrent, - fait assez rare -, des articles signés de personnalités littéraires: « Genet n’écrit pas pour apporter sa contribution à la littérature - il écrit contre elle - Et la scène est par excellence le lieu de réaliser une pareille opération qu’il faut bien qualifier de déconstruction (…) Genet déplace le théâtre, il le met en porte à faux. Il refuse au spectateur toute tranquillité et lui interdit la catharsis », 6 « Mais qu’est-ce précisément que ce Balcon où des créatures contingentes et singulières cherchent à se confondre avec des essences, des archétypes, sinon quelque envol vers le ciel abstrait des allégories  ? » 7 « Comme toujours au théâtre, la forme est entièrement responsable du sens. Avec ses tentures et ses sous-maîtresses, Le Balcon de Peter Brook n’est plus rien qu’une pièce sur le Vice, tel qu’on l’entend chez les bien-pensants. (…) Le Balcon de Genet exposait un jeu tragique de l’essence, de l’existence, du moi et de l’autrui, il méditait sur les valeurs existentielles et non morales, il visait à troubler le sentiment de l’être, non celui du bien. Le Balcon de Peter Brook, ramène cette interrogation aux petites dimensions d’une société qui s‘ébahit de pénétrer dans une maison close... ». 8

Le Balcon - coiffure d'Alexandre
Le Balcon
Coiffure d'Alexandre pour Marie Bell
Maquette originale
Collection A.R.T.

À la fin, Genet était insatisfait et de son texte et de la mise en scène de Peter Brook.

Jean Genet
Programme original du Balcon (voir ici)
(photo Roger Patry)
Collection A.R.T.

En avril 1961, il s’exila en Italie pour six mois. Il s’employa à réécrire ses deux ouvrages: Le Balcon et Les Paravents, sans se soucier de la création à Berlin, en première mondiale, du Der Todt, traduisez La Mort, titre sous lequel était joués Les Paravents.

Dans le même temps Les Nègres triomphaient au St Mark’s Playhouse de New York où la pièce resta quatre ans à l’affiche.

Tandis que son ami, le jeune funambule Abdallah, avait été victime d’un accident lors d’une tournée en Italie, Jean Genet fit la connaissance du coureur automobile Jacky Maglia, vainqueur du Grand Prix de Chimay. Désormais il l’accompagna sur tous les circuits automobiles. Ceci était-il la conséquence de cela ? Abdullah se suicida le 12 mars 1964. Période douloureuse. Désespéré, Genet décida d’abandonner l’écriture et brûla tous ses manuscrits...

Il fallut que quelqu’un lui redonne le goût de vivre, ce fut Roger Blin.

Dès la publication des Paravents, Roger Blin en avait pris connaissance et s’en était entiché. La pièce avait pour thème la guerre d’Algérie. Or Blin avait signé le « Manifeste des 121 ». 9 De ce fait il avait été interdit d’émissions à la Radio et à la Télévision et se trouvait sans travail. Il rêvait de faire répéter Les Paravents. Mais, outre que le sujet de la pièce était tendancieux, le montage en était fort onéreux  : une vingtaine de tableaux, donc de décors, une machinerie sophistiquée, cent dix personnages… Il fallait attendre une occasion.

Nommé à la direction de l’Odéon - Théâtre de France en 1959, Jean-Louis Barrault avait tout d’abord inscrit à son répertoire des ouvrages classiques : Molière, Marivaux, Shakespeare … Il se faisait fort à présent de vouloir s’attaquer à des « œuvres de combat » . André Malraux, alors Ministre d’Etat aux Affaires Culturelles avait approuvé ce choix.

Malheureusement Genet n’aimait pas le travail de Barrault. Il accepta de lui donner Les Paravents à la condition formelle que ce soit Roger Blin qui les monte. Barrault fit contre mauvaise fortune bon cœur. Il exigea simplement que l’on patiente quelques mois avant de présenter la pièce. Il pratiquait l’alternance et étant donné l’importance des décors des Paravents, il ne pouvait en être question de les programmer avec d’autres spectacles. On dut attendre le mois d’avril pour afficher une série de vingt représentations de la pièce de Genet.

Roger Blin profita de ce délai pour peaufiner les répétitions auxquelles assistait souvent l’auteur. Certes les deux hommes partageaient en partie les mêmes opinions ( encore que Genet n’avait pas signé le manifeste des 121 ) mais, tout en approuvant le travail de Roger Blin, Genet craignait qu’il ne politise trop la pièce et de ce fait ne l’actualise alors que lui la souhaitait ouverte au temps et de ce fait toujours actuelle. Les Paravents devaient être une charge contre toutes les armées du monde. «  La guerre d’Algérie  ? Je ne sais pas vous, mais moi, je ne suis pas Algérien. Si je souhaite ( et le mot est trop faible ) la victoire des Algériens c’est sans doute parce qu’il est agréable de voir des gens, si longtemps humiliés, se révolter – voilà mon sentiment, mais c’est peu de chose -. La guerre d’Algérie s’impose à moi comme une occasion de faire le point en moi-même et autour de moi comme Français ou plutôt comme Européen, afin d’y distinguer ce qui peut être conservé ou définitivement démantibulé. Voilà une des origines et à la fois une des fins de cette pièce ». 10

Les Paravents - dessin d'André Acquart
Couverture du programme original des Paravents (voir ici)
Dessin d'André Acquart

Collection A.R.T.

La première représentation des Paravents à l’Odéon - Théâtre de France, fut fixée au 21 avril 1966, quatre ans après que furent signés les Accords d’Évian mettant fin à la Guerre d’Algérie.

Maquette d'un paravent
Claude Acquart
Maquette de la peinture de l'un des paravents

Les invités de la Répétition Générale, parmi lesquels se trouvaient le musicien Henri Sauguet, Marie Laure de Noailles, Louise de Vilmorin, sortirent assez scandalisés, mais se gardèrent de toute manifestation trop agressive. On restait entre gens du monde. Dans son papier quotidien, le soiriste du Figaro  écrivit :  « Le public est passionné. Des sifflets et des cris ont été bientôt couverts par des bravos. Il y eut huit rappels à la fin du spectacle, les contradicteurs s’étaient tus. »

La presse ne fut convoquée que le quatrième soir. 11 En attendant que les articles paraissent les salles étaient pleines et les spectateurs, - des lecteurs de Genet, sans doute - , tantôt offusqués, tantôt amusés, donnaient l’impression d’avoir passé une soirée certes plus difficile que bien d’autres mais d’en avoir été dignes.

À la douzième représentation, « Ce fut une attaque surprise bien orchestrée ». 12 Du balcon, de jeunes parachutistes sautèrent sur la scène et frappèrent les comédiens. À l’orchestre, quelques excités cassèrent des strapontins et les projetèrent sur la scène, accompagnés de tomates, de canettes de bière, d’œufs pourris, etc. Un machiniste, venu en renfort des coulisses, fut blessé au visage et un comédien, Michel Croton, dut être hospitalisé. On abaissa le rideau de fer. Jean-Louis Barrault vint à l’avant-scène réclamer le calme:  « Que ceux à qui le spectacle ne plaît pas, qu’ils s’en aillent… ». Alertés, des gardiens de la paix expulsèrent les perturbateurs et le spectacle reprit son cour.

Le 1er mai, à peine le rideau levé qu’un chahut monstre s’éleva de la salle. De la corbeille, une cinquantaine d’étudiants dont une quinzaine de Saint-Cyriens lancèrent des pétards fumigènes et des boulons; une spectatrice de l’orchestre fut blessée à la jambe. On dut baisser deux fois le rideau de fer pendant le spectacle.

Désormais des cars de Police stationnèrent devant le théâtre.

Un comité de liaison de l’Association des Anciens Combattants d’Indochine et d’Algérie, auquel se joindra le groupement d’extrême-droite Occident, envoya un courrier aux journaux annonçant une manifestation le 4 mai devant le Théâtre.

À l’opposé, les membres du jury du 4ème Festival Mondial du Théâtre universitaire de Nancy, sous la direction de leur président Jack Lang, rédigèrent une lettre de protestation à l’intention de la presse afin que les représentations des Paravents puissent se poursuivre normalement.

Le 4 mai Tandis que six cents jeunes gens - trop jeunes sans doute pour avoir fait la guerre d’Algérie - s’étaient groupés devant le théâtre en hurlant :  «  Genet au poteau  ! La pièce à Moscou  ! » des partisans de gauche étaient venus contre-manifester. À La Marseillaise répondait L’Internationale. Se voulant calmes et souriants, Genet et Roger Blin contemplaient le spectacle de la baie vitrée du premier étage. Trois agents de police furent blessés, et quatre-vingt personnes arrêtées.

Manifestation d'Occident devant l'Odéon
Manifestation d'Occident devant le Théâtre de l'Odéon
(photo DR)

Le 7 mai, au soir de la vingtième et dernière représentation de la saison, quelques membres du groupe Occident était dans la salle, trois bombes fumigènes éclatèrent. On dut une fois de plus baisser le rideau de fer, le temps d’éteindre des flammes de plus d’un mètre.

À la rentrée d’automne, tandis que Les Paravents  étaient programmés pour une nouvelle série de représentations, les manifestations se firent plus rares.

Ce fut au tour de l’Assemblée Nationale, soutenue par des associations d’anciens combattants, de prendre le relais en demandant un diminution de la subvention attribuée à Jean-Louis Barrault et le retrait définitif des Paravents, s’appuyant sur le fait qu’un théâtre public ne doit pas gaspiller l’argent de l’État - donc des contribuables - pour monter des spectacles aussi scandaleux envers l’armée française.

André Malraux, Jean Genet et Jean-Louis Barrault
André Malraux, Jean Genet et Jean-Louis Barrault
« Un spectacle à la fortune du pot d'échappement... »
Dessin de Jan Mara
Minute

Le 27 octobre 1966, lors de la séance de l’Assemblée, le député du Morbihan, Christian Bonnet donna lecture du passage le plus « ignominieux » de la pièce, le moment où apparaissent en scène quatre légionnaires lâchant des pets sur un lieutenant français agonisant : «  S’il n’est pas enseveli en terre chrétienne au moins qu’il respire en mourant un peu d’air de chez nous... ». La réponse du ministre André Malraux, se fit véhémente: « La liberté, mesdames messieurs, n’a pas toujours les mains propres, mais quand elle n’a pas les mains propres, avant de la passer par la fenêtre, il faut y regarder à deux fois (…) Ce fragment donne, dit-on, le sentiment qu’on est en face d’une pièce antifrançaise. Or quiconque a lu cette pièce sait très bien qu’elle n’est pas antifrançaise. Elle est anti-humaine. Elle est anti-tout (…) Ce qui est certain, c’est que l’argument invoqué: « Cela blesse ma sensibilité, on doit l’interdire » est un argument déraisonnable. L’argument raisonnable est le suivant : « Cette pièce blesse votre sensibilité  ? N’allez pas acheter votre place au contrôle. On joue d’autres choses ailleurs. Il n’y a pas d’obligation... ».

Ainsi s’achevèrent à Paris les représentations des Paravents à l’Odéon - Théâtre de France.

1 Jacques Lacan, séminaire du 5 mars 1958
2 cf Quelques pièces
3 Jean Genet avant-propos des Nègres, édition Barbeza.
4 Roger Blin, souvenirs et propos recueillis par Lynda Bellity Peskine ed. Gallimard 1986
5 Jean-Jacques Gautier, Le Figaro 29 mai 1960
6 Bernard Dort Magazine Littéraire juin 1960
7 Jean-Marie Magnan L’Arc N°17, février 1962
8 Roland Barthes Revue du Théâtre Populaire, 2ème Trimestre 1960
9 Le Manifeste des 121: proclamation officielle de cent vingt et un artistes et intellectuels qui prônaient l’insoumission
10 Note de Jean Genet à Roger Blin
11 cf Quelques pièces
12 Jean-Louis Barrault Souvenirs pour demain ed. du Seuil 1972

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