Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Quelques pièces

HOP SIGNOR !

Pièce en un acte, créée le 14 juin 1947, au théâtre de l’Œuvre, interprétée par  Christian Duvaleix, André Reybaz, Sébastien Keran, Coste, Georges Elgar, Catherine Toth, Jean-Jacques Aslan, Jean - Marc Lambert, Jean-Marc Hoffmann. Mise en scène : Catherine Toth. Décor : Catherine Toth.

Argument

Au début de la Renaissance, dans un village des Flandres, un vieil homme contrefait, tailleur de pierres, a épousé une jeune fille, vierge, belle et ardente. Elle est convoitée par deux jeunes seigneurs. Mais la Sainte Inquisition veille en la personne d’un moine pervers et tyrannique qui cherche à la pousser vers la religion.

Critiques

« Hop Signor ! est une des œuvres les plus fortes qu’on ait pu voir cette année à Paris. La pièce est admirablement comprise par ses deux principaux interprètes et pourtant, je la crois, jusqu’à un certain point, trahie. Le jeune A. Reybaz a dû « composer », le rôle de son vieux sculpteur bossu, douloureux, impuissant, il ne peut être le personnage  ».
Thierry Maulnier Spectateur 24 juin 1947

« M. de Ghelderode a rendu avec puissance et crédibilité l’atmosphère étrange de cette époque où un monde succédait à un autre avec ses superstitions, ses terreurs et ses conflits obscurs ».
Francis Ambrière ‘’ Arts’’ 25 juin 1947

« Hop Signor ! ressemble à un fruit sur. Il a un parfum de soufre et de cendre ».
Jean-Baptiste Jenner Le Figaro 18 juin 1947

«  Au Théâtre de l’Œuvre : Hop Signor ! … Mais personne ne se réveille. Partagé, tiraillé, par ses origines mêmes, entre l’art flamand et l’art espagnol, Ghelderode ne saurait se prévaloir de cette vertu majeure du génie latin : la clarté. Son œuvre confuse, obscure, pesante, touffue, est plongée de la première à la dernière réplique dans un symbolisme soporifique et accablant (…) Cet art là ne peut pas aller très loin et je ne crois pas , franchement, que ce soit du Théâtre ».
André Ransan Le Matin 17 juin 1947

« Le public a marché devant cette fresque truculente, pleine de bigarrures et de violence. J’ai goûté la fermeté plastique du langage et la sincérité des acteurs ».
Louis Brunet L’Aube 17 juin 1947.

« La pièce est écrite dans un style rapide et coloré, avec un sens remarquable de la vérité et du pittoresque, je souhaite vivement, pour le plaisir du spectateur et la récompense d’André Reybaz une reprise prochaine de Hop Signor ! à la rentrée ».
Jean-Pierre Morphée Carrefour 16 juillet 1947.

« C'est un ouvrage curieux et irritant, qui vaut par une certaine fougue, à la limite du lyrique et du burlesque, mais qui semble bien traduire des obsessions d’un cerveau malade (…) Il y a dans tout cela un symbolisme macabre qui, à tout prendre me paraît d’assez mauvais aloi. Tout ceci donne l’impression d’un esprit qui, par la suite de circonstances dont j’ignore le détail, se serait livré sans retenue, avec une complaisance onanique, aux imaginations à la fois luxurieuses et funèbres qui l’assaillent ».
Gabriel Marcel Les Nouvelles littéraires 3 juillet 1947

 

FASTES D'ENFER

1er prix au concours de Jeunes Compagnies 1949
( juillet 1949 )

Pièce interprétée par Jean-Pierre Lorrain, Guy Saint-Jean, J.P.Hérard, Jacques Muller, André Reybaz, Roger Paschel, Jean Mauvais, Anita Breton, Michel Beaumont, René Lafforgue, Coste. Mise en scène : André Reybaz. Décors, Catherine Toth.

Argument

L’action se passe dans le palais épiscopal, le jour où l’on attend la mort de l’évêque, Jan Ineremo. Justifiant les grondements de la foule l’évêque apparaît secoué de spasmes terribles et recrache enfin ce qui l’a tué sans lui permettre de vraiment mourir, c’est l’hostie empoisonnée par un évêque auxiliaire.

Critiques

« En montant Fastes d’Enfer, c’est une certaine inspiration, une certaine esthétique qu’André Reybaz a prétendu illustrer. Littérature de laboratoire, littérature tout court, au pire sens du terme qui peut bien divertir ou abuser un quarteron de penseurs du dernier bateau, mais antidramatique au possible, sans air et sans valeur universelle. Que M. Reybaz ait monté brillamment sa petite machine étriquée, c’est vrai, je le reconnais avec plaisir. Cela prouve en faveur de ses dons et de sa technique, je suis fâché d’avoir à dire que cela ne prouve pas en faveur de son goût, ni d’une intelligence supérieure de l’art dramatique ».
Francis Ambrière Opéra 20 juillet 1949

« Il se trouve - et je le souligne pour ne tromper personne - que ce Flamand, hanté, se délecte aux ricaneries macabres et aux farces où la poésie côtoie singulièrement le sacrilège, où l’horreur donne le bras à l’hallucination, où l’atroce le dispute à la beauté, où les complaisances scatologiques se marient aux fastes diaboliques : mais à travers cette folie repoussante, malgré les mots et les traits qui nous choquent, nous sommes bien obligés de reconnaître une éloquence, un style, une force dramatique qui, parfois, telle une bête tentaculaire, nous procure un hoquet de dégoût, mais aussi nous enserre et nous retient captifs ».
Jean-Jacques Gautier ‘Le Figaro’’ 14 juillet 1949.

« Je répète que ce n’est pas très clair. Mais cela vit. Il y a quelque chose de faustien dans cette heure Walpurgis. On pense à Faust, aux lémures. Surtout à la Flandre copieuse, gigotante – et maeterlinckoise… Bref c‘est très intéressant. Monté, réglé, joué avec une ardeur qui ne faiblit pas et la volonté d’aller jusqu’au bout du grotesque, du scatologique, du macabre ».
Robert Kemp Le Monde 14 juillet 1949.

 

L'ÉCOLE DES BOUFFONS

Pièce en un acte créée au Théâtre de L’Œuvre, le 13 octobre 1953 interprétée par Raymond Raynal, Jacques Fontaine, Marcel Champel, Maurice Barnay, Jean Daguerre, Pierre Barat, Jean Chevrin, Yves Coulais, Jean-Louis Maury, Pierre Massiot, Francis Laks, Gilles Léger, Frédéric O’Brady, Marcel Lupovici, Jean Bailloux. Mise en scène : Marcel Lupovici. Décors : Raymond Raynal, Musique : Maurice Constant.

Argument

Un maître bouffon, Folial, qui fut le compagnon de Charles Quint, a réuni dans son ancien couvent, une quinzaine d’élèves. Êtres difformes, monstrueux au physique comme au moral. Ils se réunissent pour apprendre de leur vieux maître le « secret de son art ». C’est au cours d’un étonnant sabbat que Folial leur révèle que ce secret c’est la « cruauté ».

Critiques

« L’École des Bouffons n’est pas à mon avis la meilleures des pièces du poète flamand . Mais aucune autre n’est plus prenante : le poète s’y délivre de son secret, ou plutôt son angoisse de créateur . Il y montre son double visage torturé et triomphant. Il y met son coeur à nu. »
Georges Lerminier Le Parisien libéré 15 octobre 1953.

« C’est un poème brutal et violent, amer et burlesque ,où gronde comme un orage cette langue de Ghelderode que l’ on a bien le droit de traiter de « guenille verbale » mais dont je subis, plus profondément à chaque expérience, l’envoûtement. »
Jacques Lemarchand Le Figaro littéraire 29 octobre 1953.

« Tout art qui se veut grand est cruel. : « la cruauté, c’est la sincérité ». (…) Que cela est ambitieux, frénétique et dans le fond convenu ! Comme c’est long ! comme c’est bavard de quelle opiniâtreté à ne jamais dire en clair, ce qu’on a à dire. L’audition de cette prose bousculante, titubante, inaboutissante est un cauchemar ».
Robert Kemp Le Monde 14 octobre 1953

« L’École des bouffons est une réussite presque parfaite. (…) La beauté de cette pièce tient sans douteà l’union poétique de la danse et des mots ».
Jean Duvignaud Nouvelle N .R.F. décembre 1953

« C’est un bien beau spectacle que celui qui nous est offert par Marcel Lupovici ( …) L’École des Bouffons c’est une œuvre dure, une œuvre intense dont la sombre âpreté exclut toute complaisance ».
Jean Guignebert Libération 15 octobre 1953

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la mémoire du théâtre