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Sacha Guitry, une célébrité parisienne

En 1929, le baron Philippe de Rothschild offrait à Paris « le théâtre le plus moderne du monde » : le théâtre Pigalle qui possédait une scène tournante. Ce fut Sacha Guitry qui eut l’honneur de l’inauguration avec L’Histoire de France, pièce historique en quatorze tableaux dont le premier était consacré aux Gaulois, puis venaient ceux évoquant Jeanne d’Arc, Louis XI, Mazarin, etc. Tout Paris assista à la première représentation et une ovation finale réunit le baron de Rothschild et l’auteur dramatique.

Théâtre Pigalle
Jeu d'orgue du Théâtre Pigalle
(photo DR)
in Plaquette d'inauguration du Théâtre Pigalle - octobre 1928
Collections A.R.T.

En décembre, pour la première fois à Paris, on pouvait communiquer par T.S.F avec New-York. Ce fut à Sacha Guitry que revint le privilège d’adresser les bons vœux de la nation française à ses amis américains.


Sacha Guitry, Yvonne Printemps et le général Gustave Ferrié au sommet de la Tour Eiffel
https://lemeilleurdesacha.blogspot.fr/

Le 12 mars 1930, au cours d’un gala Franco-américain, au théâtre des Champs-Élysées, en présence de Gaston Doumergue, président de la République, et de Mr. Walter, ambassadeur des Etats-Unis, les invités de choix applaudirent la création d’un à-propos : Chez George Washington, sur une musique d’Henri Busser.

Chez Georges Washington
Sacha Guitry : Georges Washington
(photo DR)

Le 24 juin, lors d’une soirée donnée, à Deauville, Sacha apparut en duc de Morny, fondateur de la station balnéaire. Enfin, à l’Hôtel de Ville de Paris, le 17 novembre, à l’occasion de la visite officielle du marquis de Hoyos, Alcade de Madrid, Sacha eut la satisfaction de voir représenter un acte de Deburau et un autre de La Jalousie. Ainsi commença, pour le célèbre auteur, une longue série de représentations dans les galas officiels auxquels il fut invité.

Après avoir été promu officier dans l’ordre de la Légion d’honneur, début janvier 1931, Sacha Guitry monta sa dernière création au Théâtre de la Madeleine : Franz Hals ou l’Admiration, dans laquelle il s’était programmé, ainsi que son épouse et un jeune comédien, Pierre Fresnay. Ce dernier, désormais, comptera beaucoup dans la vie d’Yvonne Printemps…

Franz Hals
Sacha Guitry dans Franz Hals
(photo DR)
Fonds Raphanel
Collections A.R.T.

Le 10 novembre, ému mais heureux, Sacha assista à l’inauguration du monument consacré à Lucien Guitry, au devant de son hôtel particulier avenue Élisée-Reclus.

Lucien Guitry
Monument à la mémoire de Lucien Guitry
18, avenue Élisée-Reclus

(photo DR)

Après une longue tournée en Italie, Sacha et Yvonne revinrent à Paris pour répéter, au théâtre de la Madeleine, trois courtes comédies : Les Desseins de la Providence, Françoise et Le Voyage de Tchong Li. À la répétition générale, assistèrent Sir Austen Chamberlain et Lord Tyrrel.

Trois comédies de Sacha Guitry
Le Voyage de Tchong Li
Sacha Guitry, Yvonne Printemps et Pauline Carton

(photo DR)

En juin, le théâtre de la Madeleine afficha une reprise de Désiré et Villa à vendre dans laquelle une jeune inconnue, Jacqueline Delubac, avait été engagée, tandis que des artistes de la Comédie Française répétaient La Jalousie, inscrite depuis peu au répertoire de l’illustre maison.

Dans le même temps, à l’initiative du directeur du Conservatoire, Henry Rabaud, Sacha Guitry fut nommé membre du jury au concours de comédie de fin d’année.

Au cours de l’été 1933, eut lieu une tournée des casinos : Vittel, Evian, Genève, Aix les Bains, Vichy, Deauville, La Baule, Royan et Biarritz, en attendant la création, le 5 octobre, au théâtre des Bouffes Parisiens, de Mon bel inconnu et de Maitresses de rois au Casino de Paris, avec l’illustre Cécile Sorel. Cette pièce obtint un beau succès et tint l’affiche deux années.

Maîtresse de Rois
Maîtresse de Rois
(photo DR)

Pour Sacha, tout semblait concourir à sa joie de vivre. Et pourtant, ses rapports avec son épouse se dégradaient chaque jour davantage. Comme avec Charlotte, les scènes de ménage se renouvelaient sans cesse. L’amour intensif du travail de Sacha et les aventures extra conjugales d’Yvonne, de notoriété publique, étaient la cause de cette mésentente. Quoique jouant les rôles d’amoureux en scène, le couple devait se séparer, après qu’un soir, Berthe Bovy, sociétaire de la Comédie Française, épouse de Pierre Fresnay, ait appelé Sacha au téléphone pour lui annoncer qu’ils étaient tous les deux « cocus ». De son côté Yvonne découvrit lors d’une représentation de la reprise de Désiré et Villa à vendre au théâtre de la Madeleine, que l’une des jeunes comédiennes, engagée dans un petit rôle, la très élégante Jacqueline Delubac, ne laissait pas Sacha indifférent. Yvonne décida alors de quitter son époux ayant reconnu l’avoir beaucoup aimé.

Le 20 février 1935, la séparation devint officielle après que les époux se soient envoyé des lettres d’insulte, car à l’époque le divorce à tort réciproque n’était pas admis. Il fallait des preuves sévères de leur mésentente.

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