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Un bijoutier qui síennuie

Albert HUSSON est né à Lyon le 3 août 1912, d'une famille originaire de l'Est, composée d'avocats, notaires, avoués, magistrats. Après des études sans histoire, il obtient un doctorat en droit. À la mort de son père, il hérite une bijouterie en gros qui l'oblige à d'incessants déplacements indispensables à son affaire. Il raconte : « Le soir, que faire ? Je passais le temps dans ma chambre d'hôtel, à lire et à écrire… des vers, des contes. Très vite, j'ai pris conscience que j'avais le sens du dialogue. Lorsque je m'obligeais à écrire une nouvelle, je constatais finalement qu'elle était surtout faite de dialogues. »

 

La tentation thť‚trale - Premiers essais

Sous l'occupation allemande, il séjourne à la campagne, et écrit une pièce L'Immortel Saint-Germain, s'inspirant d'un étrange personnage, familier de la cour de Louis XV. Charles GANTILLON, qui a été le condisciple d'Albert HUSSON à la faculté de droit, est devenu Directeur du Théâtre des Célestins. Il prend connaissance de la pièce et la monte. À la libération, il propose à son auteur d'occuper le poste de Sécrétaire-Général du Théâtre des Célestins. Après avoir donné dans celle salle un acte, À la folie, il est joué à Paris.

Sa pièce suivante Monsieur Providence, est créée au Théâtre Gramont, où elle rencontre un succès mitigé et, malgré une critique assez tiède, Albert Husson reçoit le prix de la Société des Auteurs en 1947.

La pièce se situe pendant les trois glorieuses. Un mari veut se venger de sa femme qui le trompe. Elle et son amant décident de se suicider, Mais Monsieur Providence remplacera le poison par « l'eau du bon Dieu ». Le mari pardonnera, l'amant partira, et la femme se repentira. Cette intrigue, un peu mièvre ne sera guère du goût de la critique « grâces un peu vaines, jeux inutiles, harmonies perdues » (Maurice Rapin – Le Figaro) « Bien mince comédie, tant par son volume que par sa substance » (André Alter – L'Aube) « On se souviendra de Musset, et on le regrette » (Robert Kemp – Le Monde).

C'est ensuite La Ligne de chance, toujours au Gramont, qui est accueillie avec sympathie, et connaît également un succès d'estime. C'est l'histoire de Jacques, jeune praticien dont les clients sont rares, qui est exaspéré par les visiteurs qui se trompent d'étage et cherchent l'officine de la voyante, Madame Marfa qui habite l'étage au-dessus du sien… Notre médecin renoncera à la médecine, se coiffera d'un turban, et jouera les fakirs inspirés.

La ligne de Chance d'Albert Husson
La Ligne de chance
Christian Gérard et Jean Valmence
Théâtre Gramont - 1948

(photo Roger Carlet)
Collection A.R.T.

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