Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Extrait

La Cuisine des anges

Acte I

Au lever du rideau, personne en scène. On entend des coups de marteau sur le toit. Sonnerie de la porte du magasin. Puis un Noir paraît précautionneusement. Il n'a, sans doute, trouvé personne dans la boutique. Ne voyant personne non plus en scène, il s'enhardit, jette un coup d'œil circulaire. Bruit sur le toit. Le nègre regarde inquiet, en l'air. Puis il se rassure, ouvre deux ou trois boîtes au hasard, mange un biscuit. Soudain son œil brille. Il trouve un harmonica, s'en empare. Il le porte à sa bouche, en tire un accord, s'arrête. Un silence. Les coups de marteau ont cessé sur le toit. Le nègre s'enfuit. On entend la sonnerie qui marque l'ouverture de la porte du magasin, quand il est sorti. Cette deuxième sonnerie a fait apparaître Félix venant des « appartements ». II traverse la scène, ouvre la porte donnant sur ta boutique, constate que celle-ci est vide; revient. À ce moment Amélie paraît.

Amélie.— On a sonné au magasin.

Félix. — Je l'avais cru aussi. Il n'y a personne.

( Les coups de marteau ont repris sur le toit. )

Amélie. — On ne sait plus où on en est avec le vacarme qu'ils font là-haut. Ils en ont encore pour longtemps ?

Félix. — De toute façon, la nuit n'est pas loin. Et demain on soufflera. Je ne pense pas qu'ils travaillent le jour de Noël.

Amélie.— Ces types-là... Noël, et puis ici...

Félix. — C'est Noël pour tout le monde et partout.

Amélie, avec un coup d'œil sur le thermomètre. — Même par 30° ? Même à Cayenne ?

Félix. — Oui.

Amélie. — Même pour trois bagnards qu'un règlement incroyable transforme en couvreurs en attendant qu'ils viennent nous assassiner dans notre lit ?

Félix.— C'est Noël aussi pour eux. ( À ce moment, on entend en coulisses, joué sur l'harmonica, d'une façon très approximative : Il est né le divin enfant ) Écoute...

Amélie. — À propos, notre harmonica, tu l'as vendu ?

Félix. — Non. Il est trop cher.

( Sonnerie du magasin. Puis Mme Parole paraît. )

Mme parole. — Je ne m'arrête pas, vous pensez bien. Une veille de Noël, vous devez avoir à faire. ( Geste de Félix. ) Vous avez raison, Noël de ce côté de la planète, est-ce bien Noël ? Quand je pense qu'à Pontarlier je courais dans la neige pour être plus près du poêle à l'église. Si nous sommes à Cayenne sans être passés par la Cour d'Assises, c'est que ça nous amuse. ( À Félix. ) On peut avoir mes varices ou votre petit ventre, mon bon Ducotel, et cacher l'âme du Capitaine Cook. D'ailleurs il ne se passe rien de plus à Cayenne qu'à Pontarlier. Sauf la chaleur, naturellement. ( Toujours à Félix. ) Vous êtes sublime avec votre redingote. Mon pauvre Ernest, sa peau, il ne peut plus la traîner. Ah ! ce n'est pas le Capitaine Cook... ( Un ton au-dessous. ) Remarquez qu'après Pontarlier nous pouvions choisir : Besançon ou Cayenne. Seulement à Besançon nous avions de la famille ( Elle rit. ) Mais je ne m'arrête pas : Je viens chercher la bouteille de chartreuse d'Ernest.

( À partir de ce moment Félix cherchera la bouteille un peu partout aidé au besoin d'Amélie pendant que Mme Parole continuera imperturbablement. )

Vous me l'avez bien mise de côté j'espère ? Vous savez que c'est ma surprise de chaque Noël à mon pauvre Ernest, sa bouteille de chartreuse. Lui, il m'offre toujours une caissette de petits beurres. ( Un temps bref. ) Notez qu'il mange mes pelits beurres et que je bois sa chartreuse. Mais, n'est-ce pas, santé d'abord, comme ou dit. Et c'est l'attention qui compte. ( Coups de marteau au plafond. Mme Parole lève la tête. ) Vous avez toujours les ouvriers, j'entends. Vous en êtes contents ? Ce sont des condamnés naturellement ? Ils travaillent pour tout le monde ici. C'est bien agréable. ( Léger mouvement d'Amélie. ) Oui, je sais. Vous êtes contre. Vous avez tort. Tenez : au lieu des moricauds que vous avez toujours eus comme domestiques, vous auriez eu quelqu'un comme mon Octave, ça vous aurait changés. Vous le connaissez ? Une fée, une véritable fée. D'ailleurs, quand je dis une fée... Vous savez que c'est un garçon tout à fait spécial. Oui, spécial est le mot. Mon pauvre Ernest qui ne connaît rien à rien, croyait que c'était pour ça qu'on l'avait envoyé au bagne. Non. Il a étranglé, je crois, un ou deux vieux messieurs Je n'ai jamais su exactement le nombre, et, naturellement, je ne lui en parle pas. Ça le gênerait peut-être ce garçon. Par exemple, si vous changez d'avis, attention : ne prenez pas de voleurs, de « pieds de biche » comme on dit ici. Il faut les surveiller tout le temps. Il leur revient dans les mains des... démangeaisons. Tandis qu'avec les assassins, c'est bien connu, on est tranquille. ( Un temps. ) Alors, mon bon Ducotel, ma chartreuse ? Je suis contente d'avoir de vos nouvelles, mais je ne voudrais pas m'arrêter. Notez que si vous n'en avez plus, je passerai chez Bégule, mais ça m'ennuirait. ( À Amélie. ) À propos, j'y pense : je ne vous ai pas dit ? Il paraît que le petit Bégule est amoureux fou de votre Isabelle. Si, si. C'est Mme Bégule elle-même qui me l'a dit. Elle voit même la chose d'un très bon œil. La difficulté est que le père Bégule lui... Vous savez ce que c'est ? Il connaît vos ennuis du Havre, la situation que vous aviez. Ah ! mon bon Ducotel, vous étiez le La Fayette de l'endroit. Les Galeries Ducotel... Remarquez qu'on ne peut pas parler de faillite, je le disais bien à Mme Bégule, puisque votre cousin a désintéressé tout le monde en vous rachetant l'affaire. Et il vous a laissé un petit fonds excellent... ( Mouvement d'Amélie. ) ... Oui, je sais, en gérance. Mais moralement vous êtes chez vous. Je l'ai bien dit à Mme Bégule ; j'ai beaucoup insisté sur le « moralement ». ( À ce moment, elle s'aperçoit que Félix a disparu. ) Ah ça, où est passé votre mari ? C'est l'enchanteur Merlin, cet homme-là. ( Félix réapparaît. ) Ah ! le revoilà. Ma foi, mon bon Ducotel, si vous n'avez pas de chartreuse donnez-moi autre chose. Mais du sec. ( Félix repart dans le magasin. ) Ça m'évitera de passer chez les Bégule. D'ailleurs, je m'aperçois que j'ai oublié mon porte-monnaie. (Félix revient avec une bouteille de cognac.) Du cognac, c'est parfait. Vous mettrez ça sur mon petit compte. ( Mouvement d'Amélie qui regarde son mari comme pour t'encourager à parler, mais Mme Parole ne leur en laisse pas le temps. Prenant la bouteille : ) Merci. Il faudra que nous le voyons un de ces jours, ce compte. Tout de suite après les fêtes. Je passerai. Mes bons amis, joyeux Noël. Embrassez votre Isabelle pour moi. Non, Ne m'accompagnez pas. Je connais le chemin.

( Elle sort. )

Félix, vacillant. — C'est bien simple : elle me donne le vertige.

Amélie.— Et puis, elle ne paie pas souvent.

Félix.— C'est une amie.

Amélie.— Nous avons trop d'amis. C'est le coup du Havre qui recommence.

Félix.— Qu'est-ce que tu appelles le « coup du Havre » ?

Amélie, ironique.— C'est que, cette fois-ci, nous n'aurons plus notre bon cousin Juste Trochard pour nous sauver la mise.

Félix, candidement.— Il serait fatalement là: nous sommes chez lui.

Amélie.— Précisément. Tel que je le connais, nous n'y resterions pas.

Félix.— Tu éxagères.

Amélie.— Et je ne nous vois pas recommançant une autre vie.

Félix.— Il n'en est pas question.

Amélie.— Tu sais а peu près où tu en es depuis que nous sommes ici ?

Félix.— Il faut considérer cette première année comme une année d'acclimatation. Il y a bien petits flottements, Juste sera le premier à le comprendre.

Amélie.— Tu crois ?

Félix. — Et puis, enfin, il est au Havre, six mille kilomètres.

Amélie.— Ne t'y fie pas trop. Tu envoies tes comptes régulièrement ?

Félix. — Je suis un peu en retard, ces temps-ci, Mais je vais me mettre à jour.

Amélie.— Si tout n'allait pas à son gré, je crois Juste capable de faire un saut jusqu'ici.

Félix. — Malgré le voyage ?

Amélie.— On dirait que la perspective t'effraye ?

Félix. — Tu plaisantes.

Amélie.— Tu n'aurais pas tort, d'ailleurs. Juste est un méchant homme.

Félix. — Amélie ! Il nous a rendu un immense service. Sans lui, j'étais déshonoré.

Amélie.— Sans toi il n'aurait jamais eu, pour un million, nos Galeries qui en valaient le double. Vous êtes quittes.

Félix. — Ne sois pas amère.

Amélie.— Oh ! je ne songe pas à moi. Je ne suis pas exigeante, tu le sais. Mais il y a Isabelle.

Félix. — À ce propos, que penses-tu de cette histoire Bégule ? Le garçon a l'air gentil.

Amélie.— Ce n'est pas suffisant.

Félix. — Qu'avais-je de plus quand je t'ai épousée ?

Amélie.— Tu avais que je t'aimais.

Félix. — Amélie. ( Un grand temps. Il s'approche d'elle. ) Tu n'as pas trop regretté ?

Amélie.— Non. Ne t'inquiète pas. L'essentiel, ce n'est tout de même jamais ce qui se voit.

Félix. — Je suis content que tu me le dises. C'est tellement mon avis.

Amélie.— N'exagérons pas, tout de même. L'argent sait trop bien rendre le mépris.

Félix.— Bien sûr, mais ici, d'un sens, c'est un pays rêvé quand on n'est pas riche. Tout y est pour rien, sauf ce que je vends moi-même. C'est la vie des enfants du Bon Dieu que nous menons, tout simplement.

Amélie.— Alors, c'est qu'il a une trop nombreuse famille.

Félix. — Amélie... ( Pendant les dernières répliques, Félix consultait des papiers. ) Oh !...

Amélie.— Quoi ?

Félix. — Je repensais à la chartreuse de Mme Parole. D'après mes livres, il devait en rester six bouteilles.

Amélie.— Ne cherche pas. C'est Napoléon.

Félix. — Hein ? Ah oui ! le nègre...

Amélie.— Que tu as fichu à la porte la semaine dernière. Et c'est probablement lui aussi qui a volé la montre en or qui te manque.

Félix. — C'est très ennuyeux. ( Un temps. ) Ça le sera surtout de l'écrire à Juste.

Amélie.— À ta place, je ne lui en dirais rien. Après tout, une montre en or et six bouteilles de chartreuse, nous pouvons encore nous payer ça. Nos quelques billets échappés au désastre du Havre sont toujours là ?

Félix.— C'est-à-dire...

Amélie.— Ils n'ont pas disparu, j'espère ?

Félix.— Non, Rassure-toi. Au contraire.

Amélie.— Au contraire ?

Félix. — Je veux dire que non seulement ils n'ont pas disparu, mais qu'ils se multiplient à l'heure qu'il est. Par exemple, je ne les ai pas à ma disposition on ce moment. Voilà. Je voulais t'en faire la surprise.

Amélie.— Où sont ces vingt mille francs. Félix ?

Félix. — Mais...

Amélie.— Ne t'inquiète pas pour la surprise. Tu me l'as faite. Où est cet argent ?

Félix. — Puisque tu insistes, voilà : tu sais qu'on a découvert de l'or à...

Amélie.— À ?

Félix. — Je l'ai noté. C'est un nom très compliqué. ( Geste large. ) À l'ouest...

Amélie.— Alors ?

Félix.— J'ai rencontré un brave garçon qui y allait. Mais iI lui manquait le matériel. Alors, tu comprends... Lui le travail... moi, le capital...

Amélie.— Tu as fait ça ?

Félix.— Des deux mains, tu penses... C'est une affaire capable de nous faire rentrer au Havre dans moins d'un an, la tête haute. Alors, je rachète les Galeries à Juste ; nous marions Isabelle...

Amélie.— Félix...

Félix.— Je n'ai pas raison ? ( Silence d'Amélie. Avec une inquiétude presque enfantine. ) Dis-moi, Amélie ?

Amélie, sans y croire. — Si, Félix.

Félix, qui continue à se remonter tout seul. — II ne faut jamais désespérer. D'ailleurs, quand je dis : il ne faut pas, je devrais dire : je ne peux pas. C'est physique, que veux-tu ? J'ai confiance. Je ne me suis jamais senti abandonné. Même dans ce pays, je ne suis pas inquiet, je ne me sens pas seul. ( Coups de marteau au plafond. ) On ne se sent même pas assez seul.

Amélie.— À propos, je pense là à une chose que je ne t'ai pas dite.

Félix. — À propos de quoi ?

Amélie.— De nos ennuis, d'Isabelle. Quand nous sommes partis du Havre, j'ai eu l'impression qu'il y avait quelque chose entre Isabelle et Paul Cassagnon

Félix. — Le neveu de Juste ?

Amélie.— Oui. ( Elle rêve à son tour. ) Je le connais à peine, mais il me semble avoir bonne tournure. Si nous revenions en France...

Félix. — Nous y reviendrons.

Amélie.— L'ennui, c'est que Juste lui sert presque de père et rêve certainement pour lui d'un autre parti qu'Isabelle.

Félix. — Si ces enfants s'aiment...

Amélie.— Dans notre situation, si tu pousses à ce mariage avec la fortune qu'aura ce garçon un jour tu auras l'air de ce que tu n'es pas.

Félix. — C'est vrai. Ah ! c'est ennuyeux. Tu as remarqué ? L'argent facilite les petites choses, mais iI compliquerait plutôt les grandes

Amélie.— Bah ! ton chercheur d'or va tout arranger

Félix. — Amélie ...

Amélie.— Et puis, je fais sans doute comme toi, Félix ; Je rêve, Isabelle ne m'a jamais parlé de rien, et, depuis que nous sommes ici, elle n'a pas reçu une lettre

( Sonnerie au magasin. )

Félix. — En effet... Je te demande pardon.

( Il sort. Restée seule, Amélie suit ses pennées et hoche la tête. Isabelle paraît. )

Isabelle. — Je vais cueillir trois fleurs dans le jardin, pour la table. ( Voyant Amélie distraite. ) Eh bien ! madame, vous semblez bien distraite. Rêves ou soucis ?

Amélie.— Plutôt ...

Isabelle. — Plutôt soucis ? Dites : on partagera.

Amélie.— Tu sais, ma chérie : un souci, c'est comme un rhume. On le donne et on le garde tout de même.

Isabelle. — Je parie que c'est pour moi que vous vous inquiétez ?

Amélie.— Grosse maligne !

Isabelle près d'Amélie, affectueusement, et sur un ton de confidence. — Tu as bien tort. Si tu savais comme je suis heureuse.

Amélie.— Tu plaisantes ? Dans cet affreux pays ?

Isabelle. — Je suis comme papa. Je le trouve passionnant, ce pays.

Amélie.— À ton âge, mon petit, le bonheur, ce n'est pas le tourisme.

Isabelle. — Bien entendu, mais puisqu'il faut que je te rassure, dis-toi que je suis comblée de toutes les façons.

Amélie.— Tu te moques de moi ?

Isabelle. — Non. Tu ne crois pas que je peux, être heureuse en attendant quelque chose.

Amélie.— Quelque chose ?

Isabelle. — Ou plutôt quelqu'un. En attendant quelqu'un avec une certitude totale.

Amélie.— Je te demande pardon, mais je vais être obligée de te demander des explications,

Isabelle. — Tu n'as rien remarqué, deviné ? Pas ici, naturellement. Au Havre.

Amélie.— Au Havre ? ( Après une hésitation. ) Paul Cassagnon ?

Isabelle. — Moi qui croyais que ça crevait les yeux...

Amélie.— Mais, dis-moi, voilà presque un an que nous sommes ici, et, à ma connaissance, tu n'as pas reçu une lettre.

Isabelle. — Pas une.

Amélie.— Je ne voudrais pas t'inquiéter, mais ça ne le paraît pas... bizarre ?

Isabelle, nette. — Non.

Amélie.— Bon.

Isabelle. — Je vais t'expliquer : c'est bien simple. Le cousin Juste s'est douté de quelque chose. Alors, pour être sûr que c'était sérieux, il a fait jurer à Paul que nous ne nous écririons pas pendant un an. C'est une épreuve, tu comprends ?

Amélie.— Oui.

Isabelle. — Et, naturellement, si, au bout d'un an, c'est... comme avant, eh bien !...

Amélie.— C'est... c'est Paul qui t'a dit ça ?

Isabelle. — Oui. Et comme le cousin Juste est son tuteur, il faut qu'il lui obéisse.

Amélie.— Oui. ( Un peu d'ironie inquiète. ) Il est très obéissant, ce garçon.

Isabelle. — Ne prends pas cet air : il ne peut pas m'avoir oubliée.

Amélie.— Ah !

Isabelle. — Je ne peux, pas te dire pourquoi et je t'en demande pardon. Mais tu peux me croire.

Amélie, un peu inquiète. — Ah ? Bon.

Isabelle. — Pardonne-moi, seulement, de ne t'avoir jamais parlé de tout ça, mais je voulais te faire la surprise.

Amélie.— Toi aussi ?

Isabelle. — Hein ?

Amélie.— Non, rien Après tout ce doit être aussi ma faute. Deux enfants, c'est sans doute trop pour moi.

( Félix parait à la porte de la boutique. Il semble ému, et tient une lettre à la main. )

Isabelle. — Une lettre, papa ?

Félix. — On vient de l'apporter, oui.

Amélie.— Il y a eu un bateau ?

Félix. — Oui, le Poitou

Isabelle. — Je le croyais en quarantaine.

Félix. — Exact. Personne n'a débarqué. Précisément... ( Un regard à Isabelle. ) Veux-tu nous laisser un moment, ta mère et moi ?

Isabelle. — Bon. Je me retire. Je me retire, mais je suis ulcérée. ( Sur le pas de la porte. ) Ce n'est pas une lettre du Havre, au moins, papa ?

Félix. — Non.

Isabelle. — Alors, le reste...

( Elle sort. Félix a un petit silence inquiet en regardant alternativement sa femme et la lettre. Il ne se décide pas à parler. )

...

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