Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Une enfance dans la tourmente

Naître le 16 septembre 1913, à Cortenberg, en Belgique, n’était pas un cadeau des dieux.

À peine âgé d’un an, le petit Louis Carette vit son père partir pour la guerre…

Lui et sa mère trouvèrent refuge à Louvain, chez son grand père maternel. Malheureusement, ce dernier fut très vite déporté vers un camp de concentration, après que les Allemands aient occupé la ville. À leur tour l’enfant et sa mère furent faits prisonniers et, au cours d’une longue marche furent conduits jusqu’à Bruxelles. Là, ils furent enfin libérés et purent retourner à Cortenberg, ville occupée, elle aussi, par les troupes ennemies.

Ne connaissant pas les joies de la petite enfance entourée par la tendresse de ses parents, Louis vécu ses premières années dans un climat d’oppression et de tristesse.

Lorsque, quatre ans plus tard, le père, vêtu en uniforme militaire, rentra au foyer, son fils ne le reconnut pas…

Les années d’amour familial perdues ne se rattrapérent jamais et les rapports père - fils furent toujours difficiles. « Entre lui et moi, si cruel que cela soit à dire, il restait un mur ». 1

Après la défaite allemande, le père de Louis faisant partie de la troupe d’Occupation, fut envoyé à Cologne où sa famille le suivit. Les Carette logèrent chez l’habitant. Les rapports entre Belges et Teutons furent tout d’abord difficiles puis s’adoucirent peu à peu grâce aux enfants réunis par le jeux. Ainsi Louis devint-il l’ami de deux jeunes allemands de douze et quatorze ans et de leur petite sœur de six ans.

En 1919, à la suite de la démobilisation générale, la famille Carette quitta l’Allemagne pour s’en retourner à Cortenberg où le père de Louis retrouva son poste de fonctionnaire au Ministère de l’Instruction Publique de Bruxelles, tandis que naissait un petit frère, puis un second.

Louis avait sept ans. Il était temps pour lui d’entrer à l’école. Mais à Cortenberg, on ne parlait que le flamand, langue incompréhensible pour l’enfant, ce fut donc un précepteur qui lui donna ses premières leçons

L’année suivante, jugé suffisamment grand, Louis, comme les autres garçons de son âge, prenait le train tous les matins pour se rendre à Bruxelles. Fils d’une famille bourgeoise et catholique, le jeune garçon fut inscrit au collège Saint-Louis dirigé par des bons pères. Tout d’abord sujet brillant, l’enfant peu à peu se relâcha et devint un élève très moyen.

Trois ans plus tard la famille quitta Cortenberg définitivement pour s’installer à Louvain. Louis entra alors au collège de la Sainte-Trinité Ses goûts le portèrent vers la lecture. Les romans de la Comtesse de Ségur puis ceux de Jules Verne passionnèrent l’enfant.

À douze ans, lors d’un voyage à Paris, Louis découvrit le THÉÂTRE, en assistant à la Porte Saint-Martin à une représentation de Peer Gynt. Ce fut pour lui une révélation…

Du théâtre Louis passera à la poésie et les poèmes de Claudel, de Francis Jammes, de Charles Péguy, n’auront plus de secrets pour lui.

1 Félicien Marceau Les Années courtes éditions Gallimard 1968

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