Association de lalogoRégie Théâtrale  
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L'adolescent qui cherche sa voie

Fils d’une mère russe et d’un officier français en garnison à Poltava1, Georges Neveux naquit le 26 août 1900, « au cours d’un voyage que mes parents faisaient là-bas ».

Les premières années de l’enfant se passèrent à Alger puis à Nice, où, parmi ses camarades d’enfance, se trouvaient le futur compositeurs de films, Maurice Jaubert et Claude-André Puget qui deviendra auteur dramatique.

Bientôt, l’officier supérieur Neveux fut affecté à Paris. Naturellement sa famille l’y suivit.

Georges ne fut pas ce qu’on appelle un brillant élève . L’adolescent renonça à poursuivre des études de médecine . «  J’ai d’abord fait une dizaine de métiers successifs, mais des métiers sans aucun pittoresque: je n’ai jamais été ramasseur de mégots, ni chercheur d’or. J’ai commencé par « les chiens écrasés » dans un journal, j’ai continué par de vagues bureaux, un stage d’avocat… Je crois que j’étais surtout paresseux ». 2

Bientôt, il eut l’occasion de rencontrer le metteur en scène et directeur de théâtre Max Maurey qui, lui reconnaissant des qualités originales de dialoguiste, lui proposa de cosigner une pièce  : L’Atroce volupté, représentée au théâtre des Deux Masques, à partir du 14 mars 1919. Le spectacle, du genre Grand-Guignol, racontait l’histoire d’une ancienne danseuse qui, récemment mariée, s’inquiétait pour son époux. Depuis une dizaine de jours il était tombé mystérieusement malade. Tétanisé, il fut livré à de faux médecins...

La pièce obtint un certain succès et fut l’objet de plusieurs reprises.

Georges avait alors 19 ans et n’était pas peu fier de lire son nom sur l’affiche d’un théâtre.

En 1922, le temps du Service Militaire avait sonné. Se sentant, soudain, une âme d’auteur dramatique, l’appelé sous les drapeaux devint le fournisseur de comédies  et de drames, inscrits au répertoire de la Compagnie Théâtrale de l’Armée du Rhin.

Libéré de ses obligations militaires, Neveux s’installa définitivement à Paris. Le jeune homme aimait le monde. Il fit la connaissance de Robert Desnos, à l’époque où celui-ci se targuait d’être un fervent surréaliste. Enthousiaste, Georges se fit un plaisir de partager les idées du poète et d’écrire plusieurs articles dans la Revue La Révolution surréaliste dont Desnos était le rédacteur en chef, et signa, avec Louis Aragon et André Breton, le manifeste La Révolution d’abord et toujours. Il se passionna pour « l’écriture automatique » Mais cet engouement dura peu de temps et dès la fin des années 1920, Georges s’éloigna de ses amis et se rapprocha d’Arthur Adamov, adepte du « théâtre de l’absurde ».

En 1926, Georges Neveux fit la connaissance de l’éditeur Gaston Gallimard qui, après avoir édité une plaquette de vers, La Beauté du diable, du jeune auteur, le recommanda à Louis Jouvet. Ce dernier venait de prendre la direction du théâtre de la Comédie des Champs-Élysées. Neveux fut conquis :«  J’en ai gardé un fort souvenir. Personne ne pouvait approcher Jouvet sans éprouver une grande impression ». 3

Louis Jouvet avait besoin d’un secrétaire. Il lui parut que Georges Neveux ferait bien l’affaire. Il avait raison. Le travail du secrétaire d’un directeur de théâtre consistait en la lecture de manuscrits, il devait, en outre, assister aux répétitions afin de relever les mises en scène des spectacles et enfin composer les salles de Générales. Georges se montra très habile dans ces différentes tâches. Il assista Louis Jouvet pendant trois ans et participa à la revue Entracte dont ce denier était le rédacteur en chef.

En 1929, engagé par la section française de la Metro Goldwyn Meyer, Georges Neveux quitta Louis Jouvet après lui avoir présenté Jean Anouilh pour le remplacer.

1 Ville de l’empire russe dans ce qui deviendra l’Ukraine
2 Programme du Théâtre de l’Atelier 1953
3 L’Écran Français 29 août 1951

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