Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Quelques pièces

LE SYSTÈME DEUX

Comédie en un acte, créée le 7 mars 1955, au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse, interprétée par Brigitte Auber, Madeleine Silvain, Gaétan Jor, Orbal, Jacques Provins, Sophie Laurence, Jacques Morel et René Clermont, mise en scène par René Clermont, décors de Roger Dornès.

Analyse

L’action se situe aux environs de Paris, chez un couple sans histoire. Leur vie va être bouleversée quand le mari, atteint d’un mal mystérieux, se dédouble. L’épouse se retrouve donc avec deux maris identiques, celui qu’elle connaît timoré et un peu terne et l’autre fantaisiste, cocasse et entreprenant. Il s’en suit une série de gags non dépourvus de philosophie. Appelé en consultation le médecin ne sait que penser, lorsque la maladie s’en prend à toute la famille.

Critiques

« Nous savions bien que Neveux n’avait jamais perdu de sa période surréaliste le goût de ce double qui fut le succès de Système deux ».
Jean Bouret Franc Tireur

«  Quelle jolie petite pièce que ce Système Deux  ! Gaie, vive et qui ne se prend pas au sérieux, tout en traitant un sujet grave. Extravagante, il va sans dire, puisqu’elle est de G. Neveux. Mais en surface seulement : en réalité cette histoire d’un homme qui se dédouble, c’est notre histoire à tous. Et chacun de nous lutte comme il peut pour concilier en lui les deux « moi » antagonistes ».
Renée Saurel Les Lettres Françaises

« J’ai un goût vif pour le théâtre de G. Neveux. C’est très intelligent, mais ce n’est pas seulement intelligent. Métaphysique, poésie et comédie y forment un mélange bien dosé. René Clair, avec qui je passe l’entracte, dit : Pirandello plus Duvernoy ». 1
André Maurois Carrefour

« Le thème, on le connaît bien .L’antique slogan : « homo duplex »… Et puis le moi refoulé sur le moi visible. L’inconscient , soubassement du conscient… etc. Mais Monsieur Neveux a trop d’esprit pour prendre un ton pédant. Il joue, il invente des jeux « scéniques » invinciblement drôles. Sur le papier et réduit aux os cela ne veut rien dire. Mais sur la scène, c’est très amusant ».
Robert Kemp ‘’Le Monde’’


LE CHIEN DU JARDINIER

Pièce en trois actes, d’après Lope de Vega, créée le 7 décembre 1955, au Théâtre Marigny, interprétée par Jean-Louis Barrault, Jean-Pierre Granval, Madeleine Renaud, Jean Pommier, Georges Cusin, Simone Valère, Nathalie Nerval, Fernand Ledoux, André Jobin, Régis Outin, Émile Noël, Jean Lancelot, Jean Juillard, Pierre Bertin, Jean Gaillard, Loïs Masson, Gérard Dournet, mise en scène Jean-Louis Barrault, décors Jean-Denis Malclès.

Analyse

Après son veuvage, la comtesse Diane de Belfort s’est éprise de son secrétaire, Théodore , mais son rang lui nterdit de l’épouser. Très amoureuse et jalouse de surcroit, elle refuse qu’il se marie avec une autre . Bientôt Théodore apprend de son vieux père qu’enfant il fut enlevé par les sbires d’Ali Pacha et qu’en fait lui aussi est noble. Ainsi tout est bien qui finit bien.

Critiques

« Georges Neveux n’a qu’à toucher du bout de sa plume les héros de Lope de Vega pour qu’ils se réveillent reprennent leur dialogue libre et savoureux et l’enrichissent de cette fine tendresse inséparable chez l’auteur des situations les plus comiques ».
Jacques Lemarchand Le Figaro Littéraire

« C’est un spectacle qui, de tous les points de vue, est entièrement satisfaisant. La pièce en elle-même est un enchantement de fraicheur, de rythme et de grâce légère.
Jean Guignebert Libération

« Voici le plus réjouissant des spectacles. Le Chien du Jardinier est une comédie d’une fraicheur, d’une jeunesse et d’une vivacité ravissantes ».
Paul Gordeaux France-Soir

« Le Chien du Jardinier c’est du théâtre. Pas de colifichets littéraires. Du mouvement, de l’action, des personnages bouffons pour assaisonner l’histoire. Moins de rubans, de rosettes et de gaufré que dans Marivaux. Chaque mot est de l’action . Pas de littérature ».
Robert Kemp Le Monde

« Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault font monter la perfection sur la scène. Il était impossible de jouer plus juste, plus sûrement, plus efficacement. Chaque geste, chaque signe, chaque indication vient à l’instant espéré. Chaque mot ouvre une perspective. La note est limpide, elle enchante l’oreille ».
Pierre Marcabru Arts


LA VOLEUSE DE LONDRES

Pièce en deux actes, créée le 28 novembre 1960, au Théâtre du Gymnase, interprétée par Marie Bell, Claire Versane, Germaine Kerjean, Carmen Debarre , Raymond Gérôme, René Clermont, Jean Tissier, Henri Crémieux, Hubert Noël , Jean Jullard, Stéphane Ariel, Bernard Musson, Tristani, Robdert Legran, Edy Nicolas, Jacques d’Herville, André Chazel, Jacques Tessier, Daniel Vatranges, André Roulland, James Olivier, Charles Level, mise en scène de Raymond Gérôme, décors de Jacques Dupont.

Analyse

«  Pamela, ma voleuse , a beau se consacrer au vol , elle n’en garde pas moins un cœur parfaitement pur. Honnête avec elle-même, elle accepte franchement la condition de voleuse que les circonstances lui imposent et qu’elle abandonnera par prudence dès qu’elle aura atteint son but qui est de conquérir l’homme qu’elle aime. En face d’elle, j’ai posé un personnage que le désir de voler tourmente jour et nuit, qui rêve de subtiliser les portefeuilles et de se glisser dans les coffres-forts mais il n’ose jamais voler réellement. Il tremble à la vue d’un policeman, il tremble même tout seul dans sa chambre, parce qu’il se sent d’avance coupable donc perpétuellement surveillé ». 2

Critiques

« Le spectacle se recommande par son charme, le goût dont il témoigne, son faste aussi. On a bien fait les choses. Trop bien peut-être. Je me demande, en effet, si les délicates variations de Georges Neveux sur un thème aussi enlevé que celui du vol méritait si riche, si lourde orchestration. Vous connaissez sa manière. Elle est d’un poète. Fine, impalpable, infiniment pudique, elle ne souligne jamais, elle suggère. Le rire, elle ne l’impose pas, elle le propose discrètement à notre attention. Il faut sauter sur l’occasion. Le style, ici, est parfaitement accordé au sujet traité . C’est ce qui fait l’œuvre d’art ».
Claude Sarraute France Observateur

« J’ai souvent dit en quelle estime je tiens le talent et le caractère de M. Georges Neveux. Si je parle de son caractère, c’est qu’il est un des rares auteurs dramatiques contemporains qui n’aient jamais flatté une clientèle ou sacrifié à une mode. Il est toujours lui-même et cela pace qu’il est essentiellement poète. C’est ce don ou cette vocation poétique qu’il manifeste dans La Voleuse de Londres ».
Gabriel Marcel Les Nouvelles littéraires

« Un conte gris et rose qui a les contours de la brume et la consistance d’un songe. Cette croqueuse de diamants dévore aussi les cœurs ».
Max Favalelli Paris-Presse

« L’histoire de ces deux filous mâle et femelle, rivés l’un à l’autre par l’amour du risque et l’amour tout court, nous plonge dans une sorte d’enchantement, et que c’est un spectacle d’une qualité théâtrale et poétique, dont il faut bien dire, hélas ! qu’elle devient de jour en jour plus rare. Le dialogue a la grâce, dans la gravité comme dans l’ironie, qui est la marque, elle, de Georges Neveux. Il nous ravit ».
Marcelle Capron Combat

« La Voleuse de Londres est faite pour plaire… et fort certainement plaira. De quoi rêver du côté d’une Musidora 3 dans les brumes, parmi les personnages d’un Opéra de Quat’ sous avec sa musique à la cantonade ».
Elsa Triolet Les Lettres francaises

1 Auteur dramatique 1875-1931
2 Texte de Georges Neveux L’Avant-Scène N° 239 15 mars 1961
3 Musidora (1889-1957) actrice excentrique, muse des Surréalistes.

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