Association de lalogoRégie Théâtrale  
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Un père compréhensif

Le 17 août 1926, naquit, rue de la Tombe Issoire, l’unique enfant d’un père ouvrier verrier et d’une mère aide-comptable. Le petit garçon fut déclaré, à la mairie du XIVème arrondissement, sous le nom de Jean-Guillaume Poiré.

Habitant Villejuif, la famille était modeste et l’enfant sage, discret, obéissant et rêveur. Après avoir assisté pour la première fois à une représentation du Châtelet, où triomphait le célèbre André Baugé dans Nina rosa, le jeune garçon découvrit qu’il existait un autre monde que le sien, un monde merveilleux, imaginaire, un monde qui devait, à n’en pas douter, devenir le sien. Il en informa son père. Ce denier ne faisait pas partie de ceux qui, sévères, répondaient à leur progéniture : « Passe d’abord ton bachot... On en reparlera après ! ». Le désir de Jean passait avant toutes ses propres ambitions concernant l’avenir de son fils. Il savait désormais que son enfant ne serait jamais avocat, médecin, banquier, architecte... Il s’y résigna. Il accepta que l’adolescent quitte l’école et le conduisit, lui-même, passer une audition au théâtre de l’Atelier.

Ce fut la comédienne Madeleine Geoffroy, qui les reçut et écouta Jean lui réciter la scène d’Alceste face à Philinte dans le Misanthrope ; à quatorze ans, c’était une gageure, aussi quand il eut fini, s’entendit-il dire par son interlocutrice : « Jeune homme vous feriez mieux de commencer par le commencement ! » Cela voulait dire quoi ? Que pour être comédien, il fallait étudier.

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