Association de lalogoRégie Théâtrale  
5

Premières déceptions

La libération venue et la maladie enrayée, Puget fait jouer aux Bouffes-Parisiens  Le Saint Bernard  le 1er octobre 1946, un échec. Depuis ses débuts, l’auteur s’efforce de faire du neuf à chacune de ses pièces, alors qu’il aurait pu refaire vingt fois  La Ligne de cœur .  Le Saint Bernard  démarre comme un drame (un homme a disparu) et se transforme en vaudeville (on le retrouve, et lui qui passait son temps à aider les autres, décide de ne plus s’intéresser à eux parce qu’ils se paient sa tête). La pièce revire au drame ( une femme refuse d’aider son frère à rompre avec une maîtresse et celle-ci se suicide ) Retour à la comédie, psychologique cette fois (l’homme sauve la suicidée et se sert d’elle pour faire ce qu’il croit être le bonheur de la jeune fille à qui il est fiancé). Tout s’arrangera, mais ces variations accumulées aboutissent à une impression de malaise . 2

La presse n’est pas bonne. Cet échec n’empêche pas la Comédie Française de recevoir  La Peine capitale  qui sera créée Salle Luxembourg le 3 février 1948. C’est un drame noir qui se déroule au XVème siècle dans une petite principauté italienne, assiégée par les milanais et ravagée par la famine, la peste et le désespoir. La ville sera délivrée par son Duc Lionel, mais, sa liberté retrouvée, traumatisée par ses souffrances, se vautrera dans la pourriture. Le libérateur se sent coupable envers son peuple qu’il a entraîné dans une guerre de rapines. Alors il se fâche et se venge sur des innocents. Puisque le monde n’est qu’ignominie, il sera ignoble. Il viole, le soir de ses noces, Lucrèce, la femme de son frère Lorenzo qu’il poignardera avant de s’empoisonner. Tout s’achèvera donc à la manière élisabéthaine, dans un bain de sang.

La pièce, d’une durée inhabituelle – quatre heures – est diversement accueillie. Certains critiques évoquent Shakespeare, d’autres parlent d’une grande déception, et de faux chef d’œuvre. Mais tous ayant reconnu que la pièce était trop longue, l’auteur a réduit le premier acte à un prologue de 17 minutes. Les coupures seront encore plus importantes lors de la reprise de la pièce le 12 juin 1952, toujours à la Comédie Française, mais cette fois Salle Richelieu, car la pièce ne durera alors que 2 heures 1/2. La critique appréciera cette fois le mouvement rapide de la pièce et sa plus grande rigueur, le resserrement général accentuant la vigueur de l’action.

Miss Mable
Miss Mabel
mise en scène de Jean Mercure, décors de François Ganeau

Collection A.R.T.

Après l’adaptation de  Miss Mabel  au théâtre Saint-Georges, qui devait marquer la rentrée de Ludmilla Pitoëff, et l’adaptation d’Un Conte d’hiver  à la Comédie Française, Claude-André Puget revient à la comédie avec  Le Roi de la Fête. Les critiques de cette œuvre particulièrement romanesque au succès mitigé.

Le Roi de la fête
Collection A.R.T.

L’œuvre suivante, écrite en collaboration avec Pierre Bost ne peut qu’inspirer le respect car elle évoque un sujet qui demande, pour le traiter, un certain courage. C’est  Un nommé Judas, créé à la Comédie Caumartin le 2 avril 1954. La pièce est défendue par Marguerite Jamois et Paul Meurisse en Judas. C’est un succès, en dépit de l’aridité du sujet.

Paul Meurisse et Marguerite Jamois
Un nommé Judas
Paul Meurisse et Marguerite Jamois

(photo DR)

Collection A.R.T.

Après une adaptation de  Pygmalion , d’après Bernard Shaw, Puget donnera sa dernière pièce originale  Le Cœur volant  créée au théâtre Antoine le 26 septembre 1957. Pour cette dernière œuvre, l’auteur n’avait pas rendez-vous avec le succès. Lui succéderont deux adaptations  Le Cœur léger  (d’après Samuel Taylor et C. Otis Skinner) à l’Athénée, et  Le Marchand de Venise  (d’après Shakespeare) à l’Odéon.

Le Cœur volant
Collections A.R.T.

2 Francis GARDEL – Résistance – 5-10-1946

 

Haut de page

retour suite
Table des matières

la mémoire du théâtre