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Quelques pièces


LE CAPITAINE BADA

Pièce en trois actes, créée le 12 janvier 1952, au Théâtre de Poche, interprétée par André Reybaz, Liliane Maigne, René Colin, Jean Fabris, Christian Delmas, mise en scène d'André Reybaz, décor de René Allio.

Argument

Bada est un velléitaire qui se veut soit un saint, soit un créateur. Il épouse une amie d’enfance et par orgueil, il lui fera payer ses échecs, pendant toute leur vie commune. Ils finiront quinze ans plus tard dans une misère sordide, sans âme, sans espoir et il se suicidera.

Critiques

« Cette pièce est une espèce de cauchemar assez curieux. Et malgré les références que l’on peut faire à Laforgue, Jarry et Strinberg, ce cauchemar a un son neuf et dur qui révèle évidemment un poète. Il parait évident qu’elle aura une presse déprimante et une carrière difficile, mais ceci admis, je suis quand même et très nettement pour cette pièce. »
Georges Neveux Arts 18 février 1952

« Non seulement Capitaine Bada n’est pas un chef d’œuvre mais c’est le contraire d’un chef d’œuvre , mais c’est une œuvre qui, si l’on veut bien l’écouter, annonce un tempérament d’auteur dramatique assez rare et met en circulation un personnage , ce Capitaine Bada qu’il est impossible d’oublier au terme des deux heures et demie qu’il nous invite à vivre en sa compagnie  ».
Jacques Lemarchand Le Figaro Littéraire 19 janvier 1952

«  Non Monsieur Vauthier, je n’aime pas votre Capitaine Bada . D’autres y trouveront peut-être un intérêt, quant à moi, je n’accepte pas ce spectacle interminable et inutile. Je me refuse à déblayer ce fouillis inextricable, cet amas monstrueux, ce texte gluant dans l’espoir d’y trouver je ne sais quelle promesse. Je regrette tout en bloc .»  
Maurice Rapin Le Figaro 14 janvier 1952

«  Antonin Artaud disparu, il ne s’est trouvé personne à la présentation de Capitaine Bada pour réclamer l’auteur. Cette pièce frénétique, que jouent avec un courage magnifique André Reybaz et Liliane Maigne, laisse le spectateur dans un état d’épuisement complet ».
Philippe Héduy Opéra 16 janvier 1952


LE PERSONNAGE COMBATTANT

Pièce créée au théâtre du Petit Marigny, le 1er février 1956, interprétée par Jean-louis Barrault, Jean Martin, mise en scène de Jean-Louis Barrault, décor de Félix Labisse.

Argument

À la veille de la quarantaine, un écrivain devenu célèbre, décida de retrouver , pour une nuit, la chambre d’hôtel où, jeune homme, il avait vécu et débuté sa carrière de romancier. Il espérait terminer un ouvrage commencé ici en retrouvant les sensations éprouvées lors de ses débuts. Confronté à sa jeunesse, il dut admettre que sa réussite actuelle n’était qu’un échec. Alors que son désespoir allait croissant jusqu’à l’amener aux abords de la folie, l’homme se trouvait angoissé et bouleversé par les bruit environnants qui montaient jusqu’à lui.

Critiques

« Je n’oublierai pas le voyageur qui vit sa « Passion » dans la chambre d’un hôtel borgne. Sa démarche hallucinée, ses éclats de colère, ses haltes dans le désert du doute ».
Max Favalelli Paris-Presse L’Intransigeant

« Et pour un rôle, un ! Ce sera le mérite de M. Jean Vauthier d’avoir osé écrire un « Rôle» (…) Le texte de M. Vauthier a de curieuses vertus révulsives. Il est, au demeurant, ce texte, fort harmonieux , d’une harmonie surtout imitative. Rarement écrivain exprime avec autant de bonheur le feulement des trains dans la nuit, le tcheu-tcheu-tcheu si évocateur qu’un spectateur, un jour s’y laissera prendre. Se réveillant, en sursaut, à l’entracte, il secouera sa femme en criant : «  Hep ! chérie nous sommes arrivés… ».
Tréno Le Canard enchaîné 8 février 1956

« Le Personnage combattant est fait de chair et d’os. C’est une étrange révélation. On est touché de plein fouet. Il y a chez Vauthier une férocité désespérée qui parfois dépasse celle de Lautréamont. Les cris s’enfoncent plus profondément, la douleur s’installe plus impitoyablement, l’amertume se colle plus étroitement à la peau. Les sarcasmes ont plus d’humanité et l’ironie est plus mortelle. C’est d’une écrasante intensité. La pièce ne se mesure pas, cela n’a pas de forme, pas de contours, mais brûle cruellement (…) Je pense qu’elle possède les plus fortes vertus poétiques et qu’elle mérite de passionner ».
Pierre Marcabru Arts 8 février 1956

« Cette pièce est faite pour les amateurs d’un théâtre inédit, difficile, mais, à mon avis, captivant(…) J’ai personnellement été prise par cette soirée exceptionnelle et je suis reconnaissante à Jean-Louis Barrault d’avoir risqué, porté sur ses épaules, mené à bien, la pièce étonnante de ce jeune auteur qui demeure encore un grand point d’interrogation ; aura-t-il quelque chose à dire ? (…) Nous assistons là à un événement très rare, une chose infiniment précieuse, l’apparition d’un type littéraire ».
Elsa Triolet Les Lettres Françaises 9 février 1956

« Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoûtez pas les autres ! (…) J’ignore quelle sera la postérité de Vauthier. Je sais seulement qu’en 1956, il écrit du théâtre pour 1956, du Théâtre Vivant ».
Morvan Lebesque Carrefour 8 février 1956

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