Assoiffé de vivre, pressé par le temps, Boris Vian connut plus d’existences en peu d’années que bien des octogénaires. Un élégant feu follet, un insoumis, un poète, un tendre, un violent, un animateur, un angoissé, un provocateur, un farceur, il fut tout et son contraire. Son visage pâle au regard bleu clair révélait à son insu un cœur malade dont les battements étaient assourdis par le bruit d’une trompette. Boris Vian tirait toute sa force de sa faiblesse.